Catégorie : souffle

  • Une photo qui n’existe pas ailleurs qu’en moi

    Ça commence comme ça, avec un texte de François Bon qu’on lit au petit matin, assis dans l’obscurité, le jour naissant, le café chaud et noir dans la tasse qui réchauffe les mains. Il fait froid dans la cuisine, le chauffage est cassé. Par la fenêtre sale, le jour se pointe, il a plu toute la nuit et il pleuvra encore tout le jour, mais à cet instant il ne pleut plus. À cet instant le temps est suspendu aux mots et au café, à la fatigue accumulée, et on hésite encore entre trouver la force de continuer ou aller se recoucher. On regarde l’arbre dehors où est le nid de frelons que les oiseaux découpent depuis des semaines, on l’observe se transformer en ruine, Babylone de rien des insectes prédateurs, on prend une photo, vite fait, une photo de rien, pareil, une photo qui ne veut rien dire en soi, une photo pour soi, une photo qu’on regarde plus tard, après la route, une photo du soir qui nous ramène loin en arrière, une photo qui vaut pour ce qu’elle porte d’une image cachée, la photo de l’hiver 67, une photo de Zimmerman à Woodstock pour un disque enregistré à Nashville le mois où l’on est né, la photo qui n’existe pas de l’hiver 85 à Topeka, on a tout juste 18 ans, assis sur le porche d’une maison en bois, jean et t-shirt et une cigarette contre le froid, une photo de l’hiver 1988 à lire Lennon au coin d’une cheminée, plongé dans une torpeur induite par la fumée, une photo, encore, qui n’existe pas ailleurs qu’en moi, qui n’existe pas ailleurs que là, sur la feuille blanche de l’écran noircie par l’encre électronique pulsée par mes doigts qui courent sur le clavier.

    Une photo par jour : 248 / Projet 52 : épisode 12 – janvier 2014

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  • Une nouvelle aube

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    Au loin, dans le petit matin, brillent les feux encore incertains d’un nouveau jour qui se lève…

    Une photo par jour : 244

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  • comme des armes des retrouvailles comme un sourire qui va, et puis

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    le voyage et la vie et la joie comme elle va

    la certitude que quelqu’un m’accompagne
    compense l’absence du sourire de l’amour manqué
    dans Big Sur à nouveau le destin puise dans la nuit

    comme des armes des retrouvailles comme un sourire qui va, et puis
    la vie tracée sur la route porte le temps d’un voyage où sont mes caravanes
    à Chicago, c’est le grand temps de Dylan

    le voyage comme un manque dont les rives sont mes rêves
    mes bras qui se déplient sur le papier
    maintenant c’est le temps des larmes

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    Une photo par jour : 241 – Chicago, Illinois, États-Unis, oct. 2013

  • Souffle #21

    Mais voilà, tout doit finir. Un jour tout est fini : les vivants meurent et les souvenirs disparaissent.

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