Catégorie : souffle

  • élégie de rien

    ici repose

    Au matin du dernier jour au moment de partir pour mon plus long voyage quand mon cœur trop lourd finira par lâcher je veux une dernière fois réchauffer mes vieux os à la chaleur d’un feu. Pas de prêtre : flammes de l’enfer ou non, le bien, le mal, ma vie et ce que j’en ai fait, la messe est déjà dite. Que l’on me joue Blue Moon, ou une fanfare ou ce que vous voudrez, mais pour finir s’il vous plait quelques notes de musique ; et mes amis, si d’aventure il s’avère qu’il m’en reste, qu’ils aillent ensuite jeter mes cendres aux quatre vents, qu’ainsi on me laisse partir, rejoindre mes démons, mes fantômes et mes rêves, rejoindre mes souvenirs et disparaître enfin, il sera plus que temps.

    Une photo par jour : 312 – mars 2014

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  • Une lumière dans le noir

    Parfois, aux dernières heures du soir, quand le sommeil me fait lâcher mon livre et que je ferme enfin les yeux, les mots tout juste lus viennent à se mélanger, et dans la lumière douce de la lampe japonaise encore allumée, ils m’accompagnent aux portes d’un nouveau rêve, un rêve aux horizons incertains.

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  • bas-côté

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    Toujours, le même trajet. Jour après jour, les mêmes kilomètres avalés. Townes Van Zandt dans l’autoradio, la voix blessée du chanteur qui déchire le voile des nuages sombres. L’espace d’un instant, le soleil illumine le bas-côté.
    Après, la pluie reprend, plus forte, jusqu’au soir.

    Une photo par jour : 277 – février 2014

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  • Après la nuit

    Dormir, elle a dit. Tu dois dormir maintenant, et s’endormir presque aussitôt avec un air de Dylan dans la tête.
    Se réveiller, bien plus tard, sans plus savoir où l’on est, se tourner dans le lit, et voir le jour depuis longtemps levé percer la porte en bois de la véranda. Un air de Vic Chesnutt dans la tête, rêver que dehors c’est une ferme du Montana, dehors c’est Nashville, c’est Rio Rancho ou un motel en Arizona. Tendre le bras, attraper le téléphone posé sur la table de nuit, et voir qu’il est bientôt 11 h. Un air des Cowboy Junkies dans la tête, se dire qu’un café noir ferait vraiment du bien. Se lever, prendre en photo avec le téléphone la porte et le jour au travers et se dire qu’ici c’est chez nous, et qu’on y est bien.

    Une photo par jour : 268 – janvier 2014 / Projet 52 – épisode 14

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