Catégorie : textes

  • Ode à LA

    Les voilà, les raisons du déclin de Los Angeles. J’ai toujours pensé que c’était vrai. Selon de nombreuses sources dans le quartier, des lézards vivent dans les égouts de LA. Des hommes et des femmes lézards qui sortent la nuit pour aller boire un verre dans les bars du centre-ville ou danser à La Cita. Ici, vous entendrez ce genre de conversations, encore et encore. Et un frisson glissera sur votre nuque. Vous savez bien, ce genre de sensation : l’air est chaud et lourd, les arbres immobiles, et soudain souffle un vent morbide à travers vos fenêtres. On dit qu’un homme chargé de la maintenance s’est effondré ici, entre une biture et une dispute avec sa compagne de l’époque. Il ne vivait pas dans cet immeuble, l’immeuble où il travaillait. Il vivait d’un assortiment d’hallucinogènes. La drogue peut être une décision créative : des lumières s’allument et s’éteignent toutes seules, aux moments les plus incongrus. La route de nuit, il la voyait depuis les toits. Des choses se produisent tout le temps que nous ne pouvons pas expliquer. Barney, lui, a toujours son juke-box, le totem de la paix. Il y a un buste dans la cour intérieure, source d’embrouilles et de controverses. Les graffitis sur les murs sont devenus des accessoires indispensables. Autrefois, dit-on, les tramways allaient partout, de Venice à la vallée de San Gabriel, mais c’est faux. Le vent, la précipitation, la température et les changements de pression barométrique affectent uniquement la surface et le sous-sol peu profond de la Terre. Les membres des gangs conduisent avec leurs phares éteints et personne ne marche à Los Angeles. La mère de toutes les routes, la rue principale de l’Amérique a été repérée dans le vent sauvage. À Hollywood, il y a une Déesse au sommet de la montagne, là où, dit-on, une starlette s’est donné la mort, mais on n’a jamais su si c’était par la fumée ou le feu. Et ce vendredi soir, le Dahlia Noir se prépare à souffler les portes de l’enfer pour la fête du jour des Morts.


    Photo : États-Unis, juillet 1985

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  • Jeunes femmes avec chapeaux


    Photo : Sète, festival ImageSingulières. Autour de l’exposition Jeunes — générations, mai 2017

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  • Tant pis pour le sommeil

    Les yeux clos les mots font sens
    Tout devient clair
    Si clair que je m’efface

    Mes doigts appellent
    Tant pis pour le sommeil
    Je me lève et j’écris

    Le son est faible
    Une note dans le lointain
    Mais c’est l’espoir que j’entends


    Trois textes, extraits du livre L’été entre deux sommeils disponible ici.

    Photo : Vintimille, Italie, avril 2017

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  • Nature morte

    Quand la nature tente de reprendre ses droits…
    Longtemps que je n’avais rien ajouté à mon projet « embrasures » (l’occasion aussi de tester mon nouvel appareil photo nouveau téléphone).


    Photo : Vintimille, Italie, avril 2017

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