Catégorie : écrire la lumière

Notes sur la photographie

  • La rue comme terrain de jeu

    « La photographie de rue, c’est du jazz », la phrase est de Joel Meyerowitz, et elle dit tout ce qu’il faut savoir. Elle dit la spontanéité et l’exigence, le jeu, le swing, la liberté et la maîtrise. La photo de rue, c’est partir au hasard et improviser dans l’instant. La rue comme terrain de jeu, improviser, sans toutefois perdre de vue quelques règles élémentaires ; improviser tout en sachant utiliser ses connaissances techniques, sans en être prisonnier. Maîtriser les bases pour mieux s’en affranchir. Le photographe de rue se doit toujours d’avoir un temps d’avance, tout en se ménageant une place pour l’imprévu.

    Si vous êtes sur place ce samedi, à 15h, j’animerai un atelier autour de la photographie de rue à la Galerie Z’, 6 rue des soeurs noires, à Montpellier (inscription obligatoire).
    À partir d’aujourd’hui et jusqu’à dimanche 18 mars, la Galerie Z’ accueille en effet la revue La Piscine : une exposition de photos et de peintures, des ateliers d’écriture et artistiques, des rencontres avec les contributeurs et des lectures de textes parus dans la revue sont au programme.

    Toutes les informations sont à retrouver ici ou sur Facebook.

    La Galerie Z’ est un magnifique petit espace dédié à l’art contemporain, situé en plein coeur historique de Montpellier. Y sont exposés verre d’art, céramique, sculpture, peinture, bijoux de créateurs et parfois de la photo, choisis avec goût et éclectisme par Nathalie, la galeriste. N’hésitez pas à y faire une halte !
    (La galerie est ouverte du mercredi au samedi, de 10h30 à 12h30 et de 14h30 à 19h – plus d’info ici).


    Photo : Barcelone, 2015

  • trois figures


    Londres, Tate modern, janvier 2018

  • Up late at the office

    Londres, enfin. Départ demain à 16h, mais c’est déjà Londres. L’appel de Londres commençait par une évocation de Tokyo. Étrangement, ce soir en rentrant, c’est Ryuichi Sakamoto que j’écoutais, son nouvel et magnifique album « asynch ». Asynchrone, c’est un peu comme ça que je me sens depuis plusieurs semaines. Sakamoto a écrit son disque après son cancer de la gorge, et la mort plane sur ce disque comme un fantôme avec lequel il vit maintenant en paix :

    Because we don’t know when we will die
    we get to think of life as an inexhaustible well
    Yet everything happens only a certain number of times
    And a very small number really
    How many more times will you remember a certain afternoon of your childhood
    Some afternoon that is so deeply a part of your being that you can’t even conceive your life without it?
    Perhaps four, five times more
    Perhaps not even that
    How many more times will you watch the full moon rise?
    Perhaps 20, and yet it all seems limitless

    Echo personnel… La mort de M. en décembre, à 54 ans. Je viens d’avoir 50 ans. Combien de fois encore je partirai pour Londres ? Quatre, cinq fois encore ? Peut-être même pas ça.
    (journal de voyage, samedi 20 janvier)

     

    J’adore Londres, j’ai dit hier à L.
    C’est normal, elle a dit : regarde autour de toi ; ce pays, cette ville, c’est tout ce que tu aimes. Cette ville, c’est toi.
    (journal de voyage, lundi 22 janvier)


    Photos : Certains soirs à Londres, janvier 2018
    © Philippe Castelneau 2018

  • Et le feu de l’Éternel tomba

    Et le feu de l’Éternel tomba, et il consuma l’holocauste, le bois, les pierres et la terre, et il absorba l’eau qui était dans le fossé.
    (Rois 18, 38 — traduction Louis Segond)


    Photo : The Woods, 54 Great Eastern St., Shoreditch — Londres | janvier 2018