Catégorie : écrire la lumière

Notes sur la photographie

  • Visiteurs devant Achille pleurant la mort de Patrocle

    Visiteurs de l’exposition Cy Twombly au centre Pompidou, devant le tableau « Achilles Mourning the Death of Patroclus ».


    Photo : Paris, mars 2017

    « Achilles Mourning the Death of Patroclus (Achille pleurant la mort de Patrocle) », 1962 – huile, mine de plomb sur toile, 259 x 302 cm – Collection Centre Pompidou, Paris

    En savoir plus sur Cy Twombly : portfolio Le Monde

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  • La canne de monsieur Claude

    Monsieur Claude est entré en coup de vent, a posé son journal, sa canne et son chapeau sur l’une des tables.
    « Vous allez bien, monsieur Claude ? »
    — Ça va, ça va, il a répondu en souriant à la jeune femme derrière son comptoir.

    Des examens qu’il a passés, il ne dit rien, ou presque. Il est bientôt 14 h, et monsieur Claude commande un plat pour deux à emporter. Cependant qu’on prépare son paquet, il picore, goûte les fromages, les jambons, les antipasti, il va d’un coin à l’autre de la vitrine réfrigérée, passe la tête dans l’arrière-boutique pour saluer la personne qui s’affaire, là derrière : monsieur Claude est un habitué. Il traine, monsieur Claude. Il parle de tout et de rien, il questionne, fait mine de s’intéresser aux détails et écoute à peine les réponses. Il éprouve le temps, c’est tout, la légèreté relative de la vie quand les minutes s’étirent, élastiques ; il repousse encore un moment le retour à la pesanteur, au vacarme du monde, aux années qui font plier les corps, la maladie qui gagne, l’immeuble deux rues plus loin qu’il faudra rejoindre malgré tout, les escaliers à grimper, madame qui ne peut plus sortir, madame qui l’attend, son cher amour malade, à qui il sourit chaque matin comme il a souri plus tôt à la jeune femme derrière la caisse, une étincelle et des larmes en plus dans les yeux, celles de l’amour fou, qui lui font mesurer, émerveillé, le trajet parcouru et s’étonner d’être là, comme au premier jour, au seuil du grand départ.


    Photo : Paris, rue Caron, mars 2017

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  • Un homme dans la ville

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    Photo : Paris, juillet 2014

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  • Dreamin’ about California

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    So if you’re dreamin’ about California,
    It don’t matter at all where you’ve played before
    California’s a brand-new game.

    Larry Gatlin & The Gatlin Brothers (All the gold in California)

    À San Francisco, comment ne pas aller ici ? Comment résister à l’envie de photographier, encore et encore, sous tous les angles possibles, ces structures métalliques « orange international », ces câbles enchevêtrés, Alcatraz et la Baie au loin ?
    On réalise très vite que tous nos clichés sont clichés, déjà pris mille fois par d’autres, vus et revus ailleurs.
    Puis on se dit que le pont peut ne pas être le sujet principal de la composition, et on se met à regarder autour ceux qui regardent le pont, ceux qui regardent ceux qui les photographient devant le pont. Et on regarde ceux qui habitent la Baie, et qui viennent là pour leur jogging dominical, sans plus même un regard pour le Golden Gate et ses touristes.


    Photo : San Francisco depuis le Golden Gate Bridge, octobre 2013.

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