Catégorie : poème express

  • Extase « olo »-graphique

    La couleur « olo » ne se trouve pas sur un nuancier Pantone. Elle ne peut être expérimentée que dans une petite pièce de 3 mètres sur 4, située en Californie du Nord. Cet espace exigu, dans un laboratoire du campus de l’UC Berkeley, abrite une installation de lentilles et autres dispositifs fixés sur une table. Pour voir « olo », il faut s’approcher au plus près de la table, mordre dans un dispositif afin de bloquer sa mâchoire, et garder la tête aussi immobile que possible. Un laser sera alors dirigé vers l’un de vos yeux, ciblant plus d’un millier de cellules cônes de votre rétine. (Les scientifiques auront préalablement cartographié leur emplacement.) Les lasers stimuleront votre vision des couleurs d’une manière sans équivalent dans le monde naturel : sur un fond gris, un petit carré de couleur exotique apparaîtra, légèrement décentré par rapport au point focal de votre vision. Il pourra légèrement scintiller, selon ce qui se passe avec l’installation, mais il sera indéniablement . — Ross Andersen : L’Expérience « bouleversante » de voir une nouvelle couleur (The Atlantic)


    Sous mes paupières closes
    Olo, couleur sans mémoire
    Bleu-vert impossible

  • Terres reconquises sur l’oubli

    (…) pendant des heures, immobile, essayant de me souvenir, sentant au fond de moi des terres reconquises sur l’oubli qui s’assèchent et se rebâtissent… (Marcel Proust — Du côté de chez Swann)

    Qu’est-ce qui me retient d’avancer, ces derniers jours ? La peur de réussir. La peur de ne pas y arriver. « Je sais que tu peux le faire », me dit ma petite voix. Elle est là, de retour… Je sais que je peux le faire. Une brique après l’autre, je consolide mes fondations. Je fais de mon mieux. Je laisse filer le reste.

    J’ai deux journaux déjà écrits : celui tenu au Japon ; un autre, plus intime. J’ai encore à découvrir comment les mêler l’un à l’autre de manière fluide, harmonieuse pour en faire un livre. Pour y arriver, je dois procéder par étapes. Les reprendre à la main, identifier les motifs, et travailler à partir de ceux-ci : creuser les pistes qui inévitablement s’ouvriront ; procéder par association d’idées. Le reste viendra naturellement.

    Et un tout autre projet : un travail d’archiviste, mené à distance avec l’un de mes frères, une tentative de reconstitution du puzzle familial… Reconquérir des terres sur l’oubli… Ça ressemble beaucoup à ça, et c’est passionnant !


    je vis sans journaux
    me faudrait noircir mes livres
    for black-out poetry

    … m’écrit une amie. Les boîtes à livres de ce côté-ci de l’Atlantique sont remplies de bouquins dont personne ne veut : couvertures déchirées, pages jaunies ou arrachées… J’en ai fait une récolte l’autre jour (en plus d’un John Fante que j’ai aussitôt offert à mon plus jeune fils !), et je m’en sers pour ces poèmes presque ready-made.


    Levé ce matin à 6 h. 15 min de méditation. Écris un haïku, créé un blackout poem, mis en forme et imprimé l’un des deux journaux dont je parle plus haut, lu un peu plus d’une heure en terrasse. Pas mal, et il n’est que 14 h 20 !

  • Parfaitement calme, mais vivant

    Petit exercice de Blackout Poetry, remis au goût du jour par Austin Kleon il y a quelques années. Amusant, non ?