Catégorie : journal

  • Le petit homme aux grand pieds et le trou noir de la galaxie M87

    Fossiles de dents, fémur, os du pied et de la main découverts dans la grotte de Callao aux Philippines et attribués à une nouvelle espèces, « Homo luzonensis ». © Callao Cave Archeology project et © Nature

    Un petit homme aux grands pieds, vieux de 67 000 ans. La première image d’un trou noir, distant de 53 millions d’années-lumière, situé dans la galaxie géante M87.
    Histoire de remettre un peu en perspective ce qui occupe chaque jour l’actualité, deux informations scientifiques majeures révélées hier, l’une qui nous emmène loin dans le temps, l’autre, aussi loin, mais dans l’espace.

    Aux Philippines, des fossiles datés de 50 000 à plus de 67 000 ans sont découverts dans une grotte de l’île de Luçon, et voici « Homo luzonensis ». À 53 millions d’années-lumière de votre canapé, une tâche sombre au milieu d’un disque orange : pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, nous contemplons la silhouette d’un trou noir supermassif.

    Mais au fait, comment on observe un trou noir ? Grâce à l’interférométrie à très longue base, bien sûr. Les explications ici : https://www.lemonde.fr/sciences/article/2019/04/10/la-premiere-photo-d-un-trou-noir-publiee-par-un-consortium-scientifique-international_5448397_1650684.html

    L’« homme de Callao », une nouvelle espèce humaine découverte aux Philippines: c’est à lire ici : https://www.lemonde.fr/sciences/article/2019/04/10/l-homme-de-callao-une-nouvelle-espece-humaine-decouverte-aux-philippines_5448515_1650684.html

  • Moon Knight — From the dead


    Voilà une éternité que je n’ai pas écrit sur les comics. C’est que, tout en gardant une affection particulière pour le genre, je n’en lis plus beaucoup. Seulement, depuis quelques semaines, je suis pris d’une frénésie de rangement et de tri. Une envie de faire le vide, vraiment, pour ne garder que l’essentiel (enfin, l’essentiel, et un petit peu plus que ça, disons).
    Bref, des livres remontent à la surface, que j’avais plus ou moins oubliés. Ainsi de ce Moon Knight de 2014, écrit par Warren Ellis et illustré par Declan Shalvey. Calé dans un fauteuil, une tasse de thé brûlant à portée de main tandis que la pluie battait le carreau, je l’ai lu cet après-midi même.

    Shalvey n’est pas le genre de dessinateur à en mettre plein les mirettes, mais son style tout en finesse sert très bien le scénario élaboré par Ellis. Rien de renversant ici : Moon Knight est un personnage mineur de l’écurie Marvel, qui eut son quart d’heure de gloire dans les années 80. Une sorte de Batman mâtiné de Doctor Strange, si l’on veut. Pour ce « reboot », Ellis ne s’attarde pas trop à réécrire la genèse du bonhomme, et nous plonge directement dans le feu de l’action, avec six histoires très noires qui peuvent se lire indépendamment.
    Ça n’est pas Ellis à son meilleur, mais c’est sacrément intéressant à étudier tout de même. Le scénariste anglais fait montre d’une belle maîtrise de la narration et des dialogues (on m’opposera, non sans raison, qu’Ellis écrit toujours la même histoire, et toujours de la même façon), et surtout de belles idées de mises en page, qui, jamais gratuites, sont toujours au service de l’histoire. Les deuxième et quatrième récits sont, de ce point de vue, de vraies réussites.

    Ellis ne s’investit plus depuis longtemps dans les travaux de commande, et celui-là en est un, mais il ne floue jamais son lecteur pour autant. Avec son Moon Knight, il nous offre un moment de lecture agréable et intelligent, qui vaut moins pour le récit lui-même que pour sa construction.


    Mais au fait, ça parle de quoi, ce Moon Knight ? Pour les plus curieux, la présentation, tout en finesse, qu’en fait l’éditeur :

    Marc Spector is Moon Knight! Or is he? It’s hard to tell these days, especially when New York’s wildest vigilante protects the street with two-fisted justice and three – that’s right, count ’em – three different personalities! But even with the mystical force of Egyptian moongod Khonshu fueling his crusade, how does the night’s greatest detective save a city that’s as twisted as he is? The road to victory is going to hurt. A lot. Be here as Moon Knight punches ghosts(!), investigates a sleep experiment that’s driving its patients insane, travels to the mushroom graveyard planet(!!), and takes on twenty mob enforcers to save an abductee…alone. Marvel’s most mind-bending adventure begins now as Moon Knight sleuths his way to the rotten core of New York’s most bizarre mysteries!

  • Tu as pris l’internet cette semaine ?

    Je lisais un article en ligne ce matin, et je suis tombé sur cette phrase : « If you’ve been on the internet this week… »
    Nous, nous disons familièrement : « si tu as été sur internet cette semaine… », mais les anglophones disent « si tu as été sur l’internet… », comme ils diraient « If you’ve been on the train this week », soit : « si tu as pris le train cette semaine ».
    Et sans doute que c’est comme ça qu’il faudrait voir désormais internet, comme une sorte de transport en commun, un lieu tiers impersonnel, où l’on croise des visages plus ou moins familiers — rarement des proches —, et qui nous accompagnent le temps d’un trajet, que ce trajet soit dans l’espace ou le temps.
    Un trajet, mais en aucun cas une destination.


    Source image : https://www2.telegeography.com/global-internet-map

  • Étoiles d’encre n°77/78 : La Cité

    En librairie le 29 mars 2019, le nouveau numéro de la revue Étoiles d’encre s’articule autour du thème « la cité ».
    J’y publie une photo, en illustration d’un très beau texte de mon amie Françoise Renaud.

    Étoiles d’encre est diffusée et distribuée en librairie par Difpop/Pollen.

    Voici la présentation qu’en donne la maison d’édition :

    En choisissant ce thème sur la Cité, nous pensions simplement à des lieux où habiter, où être, des lieux comme d’ultimes demeures sous le soleil. Des lieux qui s’épanchent vers le ciel. Des lieux qui, ballottés par le temps immuable ou éphémère, accueillent nos subjectivités, nos rêves, nos corps et nos cœurs. De lieux que nous savions porteurs de stigmates et de rayonnement, des lieux qui, par cela-même, ressemblent à la vie.
    Depuis les fabuleuses Cités de Mésopotamie et d’Égypte qui furent les premières — ou les premières parmi les premières — à connaître l’écriture et les modes de vie les plus raffinés, jusqu’à notre moderne et superbe Paris (et son Île de la Cité), qui a magnétisé tant d’artistes, accueilli et protégé tant d’œuvres, les Villes-Cités n’ont jamais cessé, partout dans le monde, de nous léguer un radieux témoignage de la force, de l’éternité de la création. Elles racontent ce que nous sommes.
    Et aujourd’hui il ne nous était pas possible de ne pas évoquer les cités algériennes sur lesquelles souffle enfin un vent de liberté.

    Edgar Morin nous parle longuement et avec son langage savoureux de son vécu dans le quartier du Marais à Paris, un quartier où il faisait bon vivre dans les années soixante entre petites gens et artistes, avant l’arrivée des promoteurs. Il nous raconte son désir d’un monde meilleur, plus écologique et plus égalitaire, ses recherches sur une voie qui serait une alternative au libéralisme insatiable.

    Étoiles d’encre a invité deux artistes d’Algérie pour ce thème. Ryma Rezaiguia qui mène en parallèle son activité d’architecte et celle de plasticienne et Lamine Sakri dont la pratique artistique est tournée vers l’exploration de l’humain, son être et son environnement.