
Catégorie : journal
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Une vision dans l’eau de Seltz

Londres, mars 2020 Une nuit que j’étais
À me morfondre
Dans quelque pub anglais
Du cœur de Londres
Parcourant l’Amour Monstre de Pauwels
Me vint une vision
Dans l’eau de Seltz…(Serge Gainsbourg)
Un jour que j’étais dans quelque pub anglais du cœur de Londres me vint l’idée de prendre en photo les passants depuis la fenêtre me faisant face. Une jeune femme passa, je déclenchais deux fois l’obturateur de mon appareil. De retour en France, un moment que j’étais à me morfondre confiné chez moi, me vint une vision : fusionner les deux photos. Pour finir, j’aime assez le résultat, ce petit sentiment de déjà vu presque imperceptible.
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Les arbres nous enseignent

Sognolles-en-Montois, juillet 2019 Les arbres nous enseignent une forme de pudeur et de savoir-vivre. Ils poussent vers la lumière en prenant soin de s’éviter, de ne pas se toucher, et leurs frondaisons se découpent dans le ciel sans jamais pénétrer dans la frondaison voisine. Les arbres, en somme, sont très bien élevés, ils tiennent leurs distances. Ils sont généreux aussi. La forêt est un organisme total, composé de milliers d’individus. Chacun est appelé à naître, à vivre, à mourir, à se décomposer – à assurer aux générations suivantes un terreau de croissance supérieur à celui sur lequel il avait poussé. Chaque arbre reçoit et transmet. Entre les deux, il se maintient. La forêt ressemble à ce que devrait être une culture.
— Une très légère oscillation, journal 2014-2017, Sylvain Tesson
En face de cet arbre, la photographie ne le montre pas, il y a un cimetière. Dans ce cimetière perdu dans la campagne reposent mon père, mon frère et ma grand-mère. Se demandent-ils, ces jours-ci, où sont passés les vivants ?
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Hors du monde confiné

Une photo prise dans un village de Seine-et-Marne, en 2014. Le monde extérieur ressemble-t-il toujours à ça ?
Aujourd’hui, regarder à nouveau cette photo me fait du bien.