Ce soir, les vacances, et je compte bien en profiter pour travailler ma technique photo (ce sont les notes dans le carnet) et écrire pour le blog, et depuis la semaine dernière, en atelier, coordonné par François Bon, ici.
Ca, plus la relecture de mon roman à paraître à la rentrée chez Numeriklivre.
Catégorie : journal
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Un été studieux
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Une photo par jour : #56
Tourner à droite sur la départementale. S’engager dans un chemin. Trouver un bâtiment abandonné en cours de construction. En arrivant, un panneau à demi arraché fait encore la promotion de ce qui aurait dû être et ne sera jamais. Passer sur le côté. Une façade en bois pourvue d’une baie vitrée. Voir dans la fenêtre la réflexion de ce qu’il y a derrière soi. Voir aussi, à l’intérieur, des objets oubliés, une table de chantier, un sceau, des pots en verre, des cartons, une échelle, et au fond, une deuxième fenêtre. À travers celle-ci, des habitations, autrement cachées. Sensation étrange que l’on a chaque fois que l’on est confronté à ces lieux désertés où la nature, tout autour, commence à reprendre ses droits.
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Une photo par jour : #50
Sortir. Parce que c’est dimanche. Parce qu’il fait beau. Parce qu’au village à côté, il y a « les journées de la préhistoire » et que la préhistoire, ça plait toujours aux enfants. On fait pourtant vite le tour, deux adultes grimés, maquillage et peaux de bêtes, tellement pris à leur jeu qu’ils en sont inquiétants, le dolmen construit par des types en marcel, une hutte gauloise anachronique, un tailleur de silex en jean, et un stand où le gars s’excuse par avance de ce qu’il y a là à voir n’est pas à lui, mais à son fils de 9 ans, et c’est un véritable cabinet de curiosité : planches d’insectes séchés et épinglés, crânes et ossements en tous genres, un canard et une fouine empaillés, hérissons et chauve-souris séchés, et dans des bocaux d’alcool, un rat, une souris et des yeux de requins. Il n’en a tué aucun, hein, mon fils, précise quand même le père, mais dès qu’on trouve un cadavre on l’appelle, il adore ça. Drôle de passion morbide pour un gamin de 9 ans, on est loin de la préhistoire, et en terme de pathologie, je ne sais pas.
Après, on décide de faire une balade en remontant dans le village, et on s’arrête plusieurs fois en route pour prendre quelques photos, moi avec mon Sony, ma fille avec son téléphone et le plus jeune de mes garçons avec sa console de jeu.
Et puis il y a la maison haute, le poulailler devant, le vieux tracteur dans la remise, et tout en haut de l’escalier, cachés, pas deux, ni trois, mais quatre chats qui nous observent. Je les fixe avec mon appareil, l’un reste caché, et je veux faire le tour, je grimpe les marches doucement pour les photographier de plus prêt, mais ils m’entendent, et en dépit de toutes mes précautions pour surtout ne pas les déranger, en voilà un qui se sauve, alors je redescends, et mon fils qui en crève d’envie me demande s’il peut monter les prendre en photo lui aussi, avec sa Nintendo qui créée des clichés en 3D, et je lui dis oui, comment lui résister, et il grimpe, mais tous les chats détalent entre ses jambes et il n’a même pas le temps de déclencher qu’ils sont déjà tous partis.




