Auteur : Philippe Castelneau

  • Souffle #10

    La nuit tombe sur moi, je me laisse emporter par le son d’un violon, la musique sourde du hautbois. Des heures passées à attendre le sommeil, à guetter contre toute attente tes pas dans l’escalier, des heures passées, une vie qui défile, des regrets, les jours perdus à courir, le temps qui passe et toi qui fuit.

    La mélancolie me prend et ne me lâche plus, elle accompagne la douce mélodie que jouent les instruments, elle me serre le coeur et je l’embrasse, je m’abandonne à sa torpeur, je glisse, je tombe, un puits sans fin de sentiments à moitié dits, de peines ravalées, de souffrances et de pleurs.

    La nuit tombe sur moi, et toi, tu n’es pas là.

    Exercice d’écriture improvisée à partir d’un morceau de Maurice Ravel (Pavane pour une Infante défunte – Orchestre Philharmonique de Lille, dir. Jean-Claude Casadesus (P) Harmonia Mundi 1980)

  • Souffle #9

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    Je m’abîme dans l’abîme du vide
    Je chante les gloires perdues
    Des dieux auxquels j’ai cru
    Je chante les travers des horizons bleus
    Les sanglots des prairies endormies

    Image : peinture à l’huile de France Hinnekens.

  • L’amour infini qui passe

    Depuis toujours, depuis la première fois où j’ai levé les yeux pour rencontrer ceux de ma mère, c’est toi que je cherchais, une envie d’amour fou, une passion qui emporterait tout, un volcan en éruption, une tempête qui nous aurait entrainés jusqu’au bout de la route, jusqu’à nous jeter à terre pour finir, vieux et usés, fatigués mais heureux, prêts pour le grand voyage, la mort enfin là devant nous, s’inclinant sur notre passage, l’amour infini qui passe et que rien ne peut atteindre.

    Souviens-toi de mon romantisme de pacotille, de mes poèmes maladroits, c’est pour toi que je les écrivais, pour dire le feu qui brûlait en moi, la passion gauche d’un amour couvant depuis l’enfance.

    As-tu jamais compris mon amour ? As-tu jamais vu qu’il était pur comme l’étincelle dans les yeux d’un gamin, un joyaux taillé pour toi dans la roche d’une vie et que tu as préféré jeter sans même te retourner ?

    (fragment d’un texte en cours d’écriture)