It was so easy living day by day Out of touch with the rhythm and blues But now I need a little give and take The New York Times, The Daily News
It comes down to reality And it’s fine with me ’cause I’ve let it slide Don’t care if it’s Chinatown or on Riverside I don’t have any reasons I’ve left them all behind I’m in a New York state of mind
Le romancier ne doit jamais être satisfait de ce qu’il écrit. Ce n’est jamais aussi bon que ce pourrait être. Il faut toujours rêver de viser plus haut qu’on ne le fait. Ne pas se préoccuper d’être meilleur que ses contemporains ou ses prédécesseurs. Tâcher d’être meilleur que soi-même.
(William Faulkner, cité par Jean-Philippe Toussaint)
La mélancolie, c’est le bonheur d’être triste. — Victor Hugo
Il pleut ce matin, et je tombe par hasard en ligne sur une reproduction de ce tableau de Gustave Caillebotte, l’Yerres sous la pluie, peint en 1875, qui me ramène aussitôt à mon enfance.
J’ai grandi à Yerres, non loin de là où Caillebotte peignait, non loin de cette rivière. La ville a racheté en 1973 la propriété que l’artiste occupait, pour l’ouvrir au public. Je me souviens des heures passées dans le parc de onze hectares, à jouer l’explorateur le long des berges alors encore sauvages. En 1975, assez peu entretenues, elles avaient sensiblement le même aspect qu’un siècle plus tôt.
Le dimanche après-midi, avec mon père, nous allions le plus souvent faire de grandes balades dans la forêt de l’Arc boisé au-dessus de chez nous, mais certaines fois, nous nous promenions longuement dans le parc, tous les deux. Je pense souvent à lui, à nos habitudes d’autrefois…
Gustave Caillebotte. L’Yerres, pluie (1875). Musée d’Art de l’université de l’Indiana, Bloomington.
Ma chambre était au-dessus de la cuisine, et chaque matin, dans un demi-sommeil, j’entendais papa qui à 7 h allumait le petit transistor de Bakélite posé sur la table en Formica, avant de mettre une casserole d’eau à chauffer sur la gazinière.
Je m’enfouissais alors sous les draps, la tête enroulée dans le traversin. Je devinais le pas trainant de mon père tandis qu’il montait l’escalier. Je feignais de dormir encore. Il s’approchait du lit, attrapait l’oreiller d’une main qu’il tirait d’un coup sec avant de le laisser retomber lourdement sur ma figure.
« Allez, debout, c’est l’heure ! », disait-il en s’éloignant, faisant mine de ne pas entendre mes protestations. En vérité, je souriais à la répétition de notre petit rituel quotidien, et je crois bien qu’il souriait aussi, alors que déjà il était redescendu.
Quand je le rejoignais quelques minutes plus tard, un thé brûlant m’attendait et mon géniteur était en train de beurrer mes biscottes. Nous déjeunions ensemble, écoutant en silence les dernières informations à la radio, que parfois il commentait brièvement, d’un lapidaire « quelle merde ! ».
Vous écrivez. Vous avez votre plan, un découpage, une idée de là où vous voulez emmener vos personnages, et tout à coup, patatras, vous êtes bloqués. Le curseur de votre traitement texte clignote en vain en haut de la page désespérément blanche. Rien de grave. Comme l’écrivait il y a quelques semaines Warren Ellis dans sa lettre d’information, ça revient toujours.
Si vous avez une impression de trop-plein, il faut vous vider la tête. Et si vous vous sentez vidé, eh bien, il faut refaire le plein d’inspiration !