Auteur : Philippe Castelneau

  • les deux amants

    Musée Cocteau


    Photo : Musée Jean Cocteau, Menton, juillet 2015


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  • pour un dictionnaire

    Étau : n. m. (m. orig. que estoc). Instrument pour serrer les objets que l’on veut limer, buriner, etc. (Larousse universel en 2 volumes – 1922)

    Je me souviens des longs mois d’été de l’enfance, la chaleur et le bourdonnement des mouches dans la pénombre du garage transformé en atelier. Un bric-à-brac improbable envahissait tout, sauf l’établi immense parfaitement bien rangé, devant lequel était posé un tabouret à vis en bois clair. Dessous, des placards de cuisine anciens renfermaient de la ficelle, du fil de pêche, du ruban adhésif, du papier de verre, des bouchons de liège, deux ou trois burettes d’huile à bec verseur, des petites boites en bois ou en plastique où étaient rangés par taille les vis, les clous, les boulons. Les outils étaient sur une planche fixée au mur en pierre. Une lampe baladeuse maintenue au-dessus de l’établi par du fil de fer faisait office de plafonnier. Mon grand-père venait ici l’après-midi, vêtu de sa blouse bleue en toile épaisse. Il n’était pas particulièrement bricoleur, mais il aimait les serrures, les vieux réveils et les montres grippées, et s’enfermait ici des heures à les démonter patiemment pour les réparer, disposant devant lui les pièces comme s’il s’agissait d’un puzzle. Contre la promesse de ne rien dire et de ne rien faire, j’obtenais le droit de rester là à le regarder travailler. Parfois, comme ses mains tremblaient un peu, il plaçait l’objet entre les deux tiges de fer de l’étau qu’il rapprochait l’une de l’autre à l’aide de la vis-écrou, les mâchoires de la machine-outil venant serrer solidement la pièce sur laquelle il travaillait.

    étau de serrurier. Fig. Être pris, serré comme dans en étau, être serré étroitement.

    Deux hommes trainent le corps d’un type encore sonné jusqu’à un établi, ils l’attachent solidement à la table et fixent sa tête entre les deux mâchoires de l’étau. Un troisième homme lui pose des questions auxquelles il refuse d’abord de répondre. Les mains de l’homme ne tremblent pas quand il tourne doucement la vis-écrou.

    Depuis le coin de l’établi où il m’avait autorisé à m’asseoir, j’observais mon grand-père. Parfois je m’avançais doucement pour le regarder faire d’un peu plus près. S’il serrait trop fort, la bakélite du réveil pouvait craquer. Il arrivait qu’une pièce minuscule, une vis, un ressort saute et disparaisse dans la poussière du sol.

    Le type crie et supplie, mais il ne parle pas. Ses os craquent et il ne parle pas. L’homme serre encore un peu plus fort. Quand l’œil sort de son orbite sous la pression atroce, il parle enfin.

    Quand cela se produisait, mon grand-père jurait, puis, se souvenant que j’étais là, il m’adressait un sourire complice.


    Ce texte a été écrit dans le cadre de l’atelier d’écriture proposé par François Bon pour cet été 2015, vers le fantastique.

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  • compter jusqu’à cinq (rêves)

    « L’univers est dans la nuit ! » Gérard de Nerval

    Au début de l’année 1991, j’entrepris de noter mes rêves, et ainsi je notais, 1, le 29 janvier, avoir rêvé que K. est enceinte : nous vivons dans une grande pièce blanche, totalement vide sauf pour le lit et une bibliothèque où je cherche désespérément un exemplaire de Manon Lescaut dont j’ai impérativement besoin pour mon travail, et comme je suis maintenant en retard, je rate mon bus et je cours dans la ville, à bout de souffle ; le soir, dans le noir, serrant K. dans mes bras, je sens sous ma main son ventre distendu, vide : l’enfant est couché, à côté, mais je ne le vois pas, je me réveille doucement, et puis plus rien jusqu’au mercredi 1er mai, ou, 2, je rêve un film surréaliste réalisé par George Bataille, un long voyage en voiture à travers la campagne, images très pâles qui se superposent et défilent à toute vitesse sur le paysage, et toujours il y a une chèvre qui apparaît, la clé qui enferme toutes les merveilles, le sens caché symbolique que je cherche encore 20 jours plus tard quand, 3, je rêve que je suis avec K. et une autre personne dans une chambre au premier étage d’un motel, au moment de nous suicider ; une détonation, l’inconnue s’écroule, ma chemise blanche est tâchée de sang et d’éclats de cervelle, mais cela ne me gêne pas, ne m’effraie même pas : « en détruisant le cerveau, on ouvre grand les portes de l’au-delà, on fait voler les barrières en éclat » je dis, et je me réveille aussitôt. 4, quelques jours plus tard, je suis quelque part en Irak, en pleine guerre du Golfe (la première), dans un hangar en compagnie de quelques autres, nous jouons aux cartes, vêtus de tenues de combat, quelqu’un pousse un enfant vers nous, je me lève et je sors, et dehors le ciel est en feu, tout est gris et orange, tout près décolle un mirage 2000 qui presque immédiatement prend feu et s’écrase ; le pilote surgit au milieu des débris de la carcasse, ses bottes sont en feu, il s’avance vers moi et il me dit : « c’est la fin du monde », et c’est pour moi un soulagement. Un an plus tard, mais je n’ai pas noté la date, je rêve, 5, du Christ qui tombe du ciel, les bras ouverts en croix : il tombe et sa chute est sans fin.


    Ce texte a été écrit dans le cadre de l’atelier d’écriture proposé par François Bon pour cet été 2015, vers le fantastique.

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  • « Francese, si ? » — Une visite à Bussana Vecchia

    Il est dangereux de ne pas correspondre à l’idée que le monde se fait de nous car il ne recule pas volontiers dans ses avis. c’est par où on lui échappe que la légende va son train. (Jean Cocteau — la difficulté d’être)


    Bussana Vecchia, Italie

    La casa aperta, la maison ouverte à tous, et aux quatre vents. Visite gratuite et boissons offertes, et le concert d’Amy Winehouse de 2007 au Shepherd’s Bush Empire de Londres en fond sonore.
    C’est un chemin en terre à la sortie du village, une entrée façon patchwork, bric-à-brac d’objets improbables — un antique Piaggio Ape bleu hors d’usage sur lequel on a peint des smileys, un poupon sur un tricycle, des abat-jours chinois rouge et jaune accrochés aux branches, la façade d’un vieux syntoniseur Marantz fixé dans un mur de pierre —, un peu le palais du facteur cheval, un peu la cabane à l’entrée de la digue aux chats, dans le quartier de la Pointe Courte à Sète. La casa aperta. J’ai à peine franchi le seuil qu’un couple de cochons nains vient m’accueillir. Ils s’amusent à courir de l’entrée jusqu’au bout du chemin et retour, comme s’ils faisaient la course. On dirait deux jeunes chiens qui attendent que je leur jette une balle, heureux d’avoir de la visite. Meet you downstairs in the bar chante Amy ; en bas, ici, une bassecour  : le bar est à l’étage. Je remonte le sentier. Une jeune femme, le visage grêlé par l’acné, survivance d’une adolescence difficile, en short ultra court, lovée dans un fauteuil et occupée à se rouler un spliff de la taille de mon pouce, m’adresse un signe de bienvenue et un large sourire. Un peu plus loin, un type barbu, cheveux longs tenus par un bandana, 25 ans tout au plus, d’emblée sympathique, s’occupe de réunir du petit bois en vue d’allumer le four à pizza. « No politics, religion, sports, urlare, shouting perfavore please », les seules règles qui s’appliquent ici sont inscrites à la craie en italoglobish sur une ardoise suspendue au mur. À côté, le bar, et derrière, le dortoir : une pièce où sont jetés en vracs lits et matelas. Un peu plus loin, une table avec posés dessus une vieille machine à coudre, quelques bouteilles et des verres, un sofa sur lequel est couché le chien avec l’air le plus triste qu’il ne m’ait jamais été donné de voir, sorte de Cavalier King Charles Spaniel en descente d’acide, un épagneul aux yeux kawaii et aux oreilles frisées, qui remue paresseusement la queue lorsqu’il me voit venir vers lui. À droite, un auvent, des guitares fixées au mur au-dessus d’un canapé deux places, un fauteuil club en cuir rouge défoncé sous une énorme enceinte d’où s’échappent les dernières notes du concert d’Amy diffusé sur l’écran plat posé en face. Je reviens sur mes pas, commence à discuter avec la fille. Avant, ici, c’était une décharge, elle m’explique. On est sept à vivre à la casa aperta en permanence, ajoute le garçon. Chacun peut venir, donner un coup de main au chantier. On peut y manger et même dormir.
    En contre-bas, quelqu’un gueule, avec un fort accent américain : « looks like an abandoned shack here ! ». Déboule un grand gaillard roux, l’air sévère, qui ne peut s’empêcher de lâcher un sourire en voyant ma mine déconfite. « Y’a pas de musique ici, on dirait une baraque abandonnée » il me dit. « He’s the boss ! » me glisse la fille, hilare. Le type passe devant le chat occupé à sa toilette sur la rambarde, caresse le chien qui s’agite mollement dans le canapé, avant de disparaitre sous l’auvent. Presque aussitôt l’enceinte balance du drum’n’bass à un volume sonore déraisonnable, qui explique peut-être la neurasthénie de l’épagneul et l’euphorie des cochons nains.
    Pizza, bière, boissons, tout est gratuit ici, me dit encore la fille. Disons qu’il y a une boîte aux lettres près du bar où chacun glisse ce qu’il estime devoir.
    Je ne prends rien, mais glisse quand même, avant de partir, quelques euros dans la boîte, en remerciement pour la visite.


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    Le 23 février 1887, mercredi des cendres, à 5 h 43, un violent séisme toucha la Ligurie, qui sera ressenti jusqu’à Nice, fera 643 morts et plus de 600 blessés. À Bussana, petit village médiéval situé sur les hauteurs de San Remo, la secousse arrive à 6 h 21 et détruit presque toutes les maisons. 53 morts ici, autant dire une hécatombe. Les survivants se regroupent d’abord dans des habitations de fortune à l’entrée du bourg, avant de se décider, après sept ans, à reconstruire en dur beaucoup plus bas, au pied de la colline. Ils baptisent le nouveau site Bussana Nuova et abandonnent l’ancienne cité à la végétation, aux fantômes et aux chats errants.
    53 ans plus tard, le chemin qui y conduit est envahi par les ronces, les murs se soulèvent sous la pression des racines des arbres qui poussent à l’intérieur des ruines, la nef de l’ancienne église est à ciel ouvert, comme si elle était désormais consacrée à quelque dieu païen solaire. Peu importe que le village soit abandonné de Dieu : les hommes qui viennent s’y installer en 1947 sont eux abandonnés des hommes, la fange de la fange, immigrants en provenance du sud de l’Italie. On les laissera trois ans à peu près tranquilles, avant de les faire évacuer par la police, et pour éviter qu’ils reviennent, on fait détruire les escaliers et les toits des maisons qui sont encore debout.
    Dix ans passent, et un certain Clizia, sculpteur et potier de Torino, décide de réinvestir le village, où il anime l’été des retraites artistiques. Trois ans encore, il s’y installe définitivement avec une dizaine d’autres artistes. Ils sont peintres, sculpteurs, musiciens ou poètes et viennent bientôt de toute l’Europe pour le rejoindre. Il n’y a ni électricité ni eau potable à Bussana, mais une envie un peu folle d’établir ici une Colonia Internazionale degli Artisti, une internationale des artistes, qu’on dote même d’une constitution en 1964. Bussana Vecchia, comme on l’appelle désormais, c’est un peu la version baba cool du coup d’éclat de Gabriele D’Annunzio à Fiume 40 ans plus tôt.

    Un jour de 1959, à une soirée mondaine à Saint Jean Cap Ferrat — le genre de sauterie où se côtoient, chez quelques nouveaux riches, gens bien nés et artistes placés —, un type obséquieux, grand et fin, les lèvres et le cul également pincés, une coupe de champagne à la main, se dirige bientôt vers Elizabeth Wilmot, une Anglaise tout juste rentrée d’un long séjour à Singapour ; Elizabeth « Wendy » Wilmot, écrivaine, un peu actrice, parfois journaliste, souvent excentrique — « Wendy » du nom sous lequel elle signe les livres pour enfants qui lui valent un certain succès.
    « Mrs Wilmot », dit-il en s’approchant, ou « Elizabeth, dear », ou peut-être même un condescendant « Liz » — c’est une femme, après tout, et elle écrit pour les enfants —, enfin il l’aborde, et avec quelques manières (Elisabeth n’est pas sans charme, peut-être espère-t-il lui faire impression en se tortillant de la sorte) il lui parle avec force détails de cette « affreuse » colonie d’artistes qui s’est installée sur les hauteurs de San Remo. Elizabeth Wilmot juge que l’affreux, c’est lui, ce type à l’esprit étriqué, et, piquée au vif, décide de se rendre dès le lendemain à Bussana Vecchia. Elle passe la frontière en bus et monte à pied, sous un soleil de plomb, jusqu’au village. Quelques jours plus tard, elle s’y fait conduire par le chauffeur d’un ami avec tous ses bagages. Ce sera un aller simple. D’aucuns prétendent qu’elle était accompagnée d’un alligator nain qui lui tenait lieu d’animal de compagnie, d’autres disent plus prosaïquement que c’étaient ses bagages qui étaient en cuir de crocodile. Qu’importe, il faut se figurer cette Anglaise aux manières d’aristocrate arrivant au village en Rolls Royce blanche, le chauffeur en costume, les mains gantées, posant ses malles à l’entrée d’une maison en ruine, choisie au hasard, qu’elle lui désigne comme étant la sienne et qu’elle ne quittera plus jusqu’à sa mort en 1991. En 1966, son fils Colin quitte Londres et une vie sans relief pour venir rejoindre sa mère et se lancer dans une peinture figurative et conceptuelle indigeste, dont on donnera une description assez juste en évoquant des croûtes peintes à la truelle. S’il a depuis longtemps remisé ses pinceaux, Colin vit encore aujourd’hui à Bussana Vecchia, où il tient chambre d’hôte, et où il est un peu la figure historique et la caution morale du village.
    Il y aura, dans les années 2000, une tentative de docu-fiction sur lui, produit et réalisé par Diane Salinger, connue pour quelques seconds rôles dans Pee Wee’s Big Adventure, Batman returns ou la série Carnivale, et dont on peut voir en ligne 8 minutes éprouvantes de rushs qui expliquent à elles seules pourquoi le projet n’a jamais abouti. On y voit Colin se brosser les dents ou faisant tourner les tables en compagnie de trois vieilles peaux (un homme et deux femmes, dont Salinger) dont on ne saurait dire si ce sont des acteurs de seconde zone égarés dans un film de série Z à jouer un rôle qui ne leur convient pas, ou d’authentiques illuminés perdus dans un délire ésotérique. Dans sa maison, une tête de sanglier est sculptée dans un mur, et les dents sont celles de Colin : « j’ai voulu mettre mon ADN dans cette maison », dit-il, assez fier. Au cours d’une séance de spiritisme, alors qu’on convoque l’esprit de sa mère, il va chercher sur une commode ce qui ressemble à un crocodile miniature, à peine une vingtaine de centimètres de long, empaillé si c’est un vrai, accréditant de fait la légende maternelle, tout en soulignant qu’il n’y avait pas une once d’eau à Bussana Vecchia en 1959, et on imagine mal un tel animal survivre dans ces conditions.


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    Communauté d’artistes, excentriques en tout genre, tout cela est fort sympathique, mais si Bussana Vecchia fait figure de cité utopique isolée du monde, elle n’en a pas moins connu certains tourments. Le 25 juillet 1968, ici comme ailleurs on dresse des barricades quand la police arrive en force avec l’ordre de faire évacuer les lieux. Si les villageois gagnent cette partie, ils perdront sur le long terme le combat des idéaux hippies face aux sirènes du capitalisme rampant : au fil des années, des verrous ont été posés aux portes, des antennes satellites ont fleuri sur les toits, on a installé l’eau et l’électricité, et les artistes d’aujourd’hui appâtent le touriste avec des bibelots kitchs.
    Un type avec un faux air de Darry Cowl fait tourner un train électrique à travers trois maisons. « Francese, eh ? » Il me fait quand je le salue, puis, désignant une locomotive à l’arrêt, il me dit : « la Micheline ». La machine démarre aussitôt, et il m’invite à en suivre le parcours. Je souris et m’éloigne après avoir pris par politesse deux photos de l’engin beige et rouge, avant qu’il ne disparaisse dans un tunnel.

    « Buongiorno ! »
    « Francese, si ? » Me répond la femme aux cheveux bruns lâchés, la quarantaine, élégante, qui aussitôt ouvre sa boutique pour moi, faisant fis de mes protestations. Quelques mauvaises reproductions de tableaux de maîtres aux couleurs fades sont accrochées aux murs — « Ça, je le fais pour l’argent », elle me dit, ce qui me laisse perplexe. Puis elle me montre des toiles sans style, peintes au couteau dans des couleurs vives, représentant des femmes en tenues légères dans des poses lascives. « Ça, c’est mon vrai travail ! », elle me fait d’un air entendu, aussi je fais mine de m’y intéresser. Guettant ma réaction, elle m’observe en coin de ses yeux pétillants, croisant nerveusement ses mains sur le devant de sa robe bleu clair, et j’aimerais pouvoir lui dire sans la vexer que je la trouve bien plus sensuelle que ses peintures, somme toute assez vulgaires. Elle me montre encore les bracelets qu’elle fabrique avec des fermetures éclairs, des bijoux avec des coquillages, toute la boutique y passe, je l’écoute poliment, il fait une chaleur étouffante et on est en sueur tous les deux, si bien qu’à bout de souffle elle fini par me dire qu’elle va se chercher à boire, qu’elle revient, et j’en profite pour m’éclipser.

    Plus haut, presque à l’extérieur du village, Silvano Manco a son atelier, une grande pièce lumineuse au dernier étage d’une maison, une table posée au milieu avec ses pots et ses pinceaux, un fauteuil et une étagère contre un des murs où sont rangés quelques centaines de disques et une chaine hi-fi qui déverse à plein volume du jazz de bonne tenue. Silvano lui-même fait aussi de la musique, et il écrit des livres, en plus de peindre. Né en 1957, il s’est installé à Bussana Vecchia en 1979. Il est venu à la peinture tardivement, en 1988, mais c’est aujourd’hui son activité principale. « Fervent partisan, dit-il, que l’art est un, quelle que soit la forme que prend ses manifestations individuelles », il fait partie du dernier collectif d’artistes un peu authentiques de Bussana Vecchia, le « Laboratorio Aperto », le laboratoire ouvert.


    Avant de quitter le village, je m’arrête pour boire un rafraichissement à la terrasse du café installé un peu avant le parking, et je vois, abandonné sur un muret, un livre de Cocteau en italien, la difficoltà di essere. La veille, j’avais visité le musée Cocteau de Menton. « Sei francese ? » me demande la serveuse en s’approchant, comme elle me voit prendre en photo le livre.


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    Photos : Bussana Vecchia, juillet 2015