Auteur : Philippe Castelneau

  • distensions du temps

    Le café chaud, la tasse frôle à peine mes lèvres que l’odeur m’envahit déjà, elle adresse les signaux d’usage à mon cerveau engourdi, malade de la nuit passée, ça clignote orange là-dedans, il y a des sas qui s’ouvrent à grand bruit, je sens l’écho de portes lourdes qui se referment, le bourdonnement des neurones mis sous tension, le bouton MARCHE FORCÉE s’enfonce et ça claque et ça déchire à l’intérieur, ça s’agite derrière les yeux vitreux, c’est comme une lampe qui chauffe, voilà, j’aimerais que ce soit ça, un vieil amplificateur à lampes, mon cerveau, une machine ancienne mais bien huilée, du solide, une valeur sûre, mais chaque matin c’est plus dur, les lampes grésillent et sautent et il n’y a plus d’ampoules de rechange, modèle définitivement périmé, depuis longtemps au rebut, c’est presque un miracle que celui-là tourne toujours, ça chauffe par contre, ça oui, ça chauffe et l’allumage est de plus en plus lent, la mise en veille aussi, cela dit, comme un vieil ordinateur qui fait ses mises à jour, mais il n’y a plus rien à mettre à jour, sinon l’inventaire des cellules mortes et la consigne des rêves de la nuit passée, déjà presque oubliés, dûment enregistrés pourtant dans l’inconscient, qui ressortiront sans prévenir comme un retour d’acide, same player shoot again, des ombres qui passent, là, sous mes paupières qui peinent à s’ouvrir, des images fortes qui me secouent encore et je les touche du bout des doigts, mais c’est fugace, elles glissent furtives et leur sens m’échappe définitivement. C’est l’ordinateur central qui se charge de l’archivage sans que j’en sache rien, le résultat inscrit méthodiquement dans ma boite noire qu’on retrouvera peut-être quand tout sera fini, les parois encrassées du café déposé, le café chaud qui coule enfin dans ma gorge, cette première gorgée qui me brûle le palais, mais au moins, voilà : je sais que je suis en vie.


    Ce texte a été écrit dans le cadre de l’atelier d’écriture proposé par François Bon pour cet été 2015, vers le fantastique.

    Licence Creative Commons
    Flattr this

  • notes pour moi-même

    carnet photo

    Les cinquante nuances de générateurs continuent de s’écrire, au rythme d’un à trois textes par jour (déjà une vingtaine en réserve), mais j’arrête pour l’instant de les publier en ligne, au moins le temps de voir où me mène ce projet.

    Accords de principe reçus ces dernières semaines pour la publication de plusieurs nouvelles, mais sans doute pas avant 2016 ; il est trop tôt pour en dire plus. Des nouvelles, je commence à en avoir beaucoup, et il me faudrait prendre le temps de mettre tout ça en forme, mais le temps manque. Pour l’instant, ce sont encore des petits cailloux que je sème en chemin. Je verrais bien si je retrouve ma route ensuite !

    Les enregistrements audio se poursuivent avec Lilac Flame Son. Réflexions aussi sur le format des vidéos, et déjà de courtes séquences vidéos filmées en prévision. Quelques belles choses, vraiment, sont à venir !

    Mais la grande annonce du moment, c’est la création de La Piscine, revue graphique et littéraire avec Louise Imagine, Christophe Sanchez, Isabelle Pariente-Butterlin et Alain Mouton, un projet né au début de l’été et dont le premier numéro est en cours d’élaboration. Vous pouvez déjà nous retrouver sur Facebook, Twitter et Instagram, en attendant le site et la revue papier.


    La rentrée littéraire est là, si jamais ça vous avait échappé, et il y a pas mal de bons livres qui vous attendent sur les tables des librairies : Bleu de travail de Thomas Vinau aux éditions La fosse aux ours, 7 de Tristan Garcia chez Gallimard, Boussole de Mathias Enard chez Actes Sud et Il était une ville de Thomas Reverdy chez Flammarion m’ont tous pas mal accroché.
    Et puis il y a L’infinie Comédie de David Foster Wallace, la traduction tant attendue d’Infinite Jest, mais j’attendrais l’hiver et d’avoir terminé 2666 de Bolaño pour m’attaquer à ça (1487 pages quand même !). Histoire de vous mettre l’eau à la bouche, je vous conseille vivement la lecture du très bon article de Titiou Lecoq dans Slate, Infinite Jest, la momie de Toutânkhamon de l’édition française.


    Licence Creative Commons
    Flattr this

  • Bussana Vecchia

    DSC00501.jpg


    Photo : Bussana Vecchia, Italie, juillet 2015
    En savoir plus sur Bussana Vecchia : lire ici.


    Licence Creative Commons
    Flattr this

  • l’été qui s’en va

    DSC09547.jpg


    Photo : Menton, juin 2015


    Licence Creative Commons
    Flattr this