Étiquette : souffle

  • Embouchure

    Rêvant encore
    Pour ne pas troubler ton sommeil
    Je me lève en silence

    Nous étions la nuit dernière, Florian et moi, dans cette petite ville près d’une embouchure de la Tamise, à une bonne heure de train de Londres. Les rues étaient désertes. Le jour commençait de se lever. Un vent glacial nous fouettait le sang. Alan Moore nous accompagnait. Je n’étais plus très sûr de l’adresse exacte. À un moment, Alan a dû nous quitter, mais nous étions déjà presque arrivés. Il me désigna une fenêtre à l’étage, celle du bureau de Warren Ellis. Aucune lumière n’était allumée, et Warren n’avait pas l’habitude de se lever tôt. Il dormait encore, à moins qu’il ne soit pas encore rentré. Prenant congé d’Alan, nous décidâmes de nous rapprocher du centre et d’attendre le milieu de matinée à l’abri dans un pub.

    Je regardais ma montre : 5 h 39. J’avais réglé mon alarme à 7 h. Londres et la Tamise n’étaient déjà plus que fumeroles piégées dans les brumes de mon sommeil. Je me levais sans bruit pour ne pas te réveiller.


    (Illustration : image générée par I.A.)

  • La pluie, suivie de deux poèmes

    La pluie, suivie de deux poèmes

    Un petit coup au carreau, comme si quelque chose l’avait heurté, suivi d’une ample chute légère comme de grains de sable qu’on eût laissé tomber d’une fenêtre au-dessus, puis la chute s’étendant, se réglant, adoptant un rythme, devenant fluide, sonore, musicale, innombrable, universelle : c’était la pluie. (Marcel Proust — Du côté de chez Swann)


    Pleures-tu parfois ?
    Une seule fois, ai-je dit
    Plus jamais depuis

    J’ai posté hier l’infolettre du mois de mai (avec un peu d’avance, donc. Mais celle d’avril était sortie en mars). Si vous ne l’avez pas reçue, vous pouvez la lire ici (vous pouvez aussi vous y abonner pour l’avoir directement dans votre boîte mail).

    Envoyée aussi il y a quelques jours, la 8e lettre consacrée à mes photos, bruit/blanc. Un projet initié fin décembre, et déjà 8 numéros ! Je ne sais pas combien de temps je continuerai, mais pour le moment, je m’y tiens (la 9e est déjà prête, c’est dire !).

    J’ai pris la photo en tête de ce billet en mars 2014. Elle me parle toujours beaucoup.

  • La tempête

    Mise en son et en image d’un texte écrit il y a plusieurs semaines, qui semblait ne plus vouloir me lâcher.