Étiquette : Louis Aragon

  • Il aimait par-dessus tout les bibliothèques…

    Il aimait par-dessus tout les bibliothèques…

    Je suis resté ce que j’étais, enfant. Je n’ai pas une minute libre qui ne me serve à chercher des livres, à les lire. Je lis tous les journaux tous les jours. C’est devenu un métier, il est vrai, une part de mon métier. Si je n’avais pas tant lu, je n’aurais pas tant écrit.

    (Aragon — J’abats mon jeu)

    Gallimard vient de sortir dans la collection La Pléiade les essais littéraires d’Aragon. Du Traité du style à Je n’ai jamais appris à écrire ou les incipits, tout y est. 80 euros, certes, mais le rapport qualité/prix est imbattable ! (et plus de 2000 pages, tout de même…).



    Hasard objectif ? Mon blackout poem d’aujourd’hui évoque un écrivain et ses bibliothèques.


  • L’homme a délégué son activité aux machines

    L’homme a délégué son activité aux machines. Il s’est départi pour elles de la faculté de penser. Et elles pensent, les machines. Dans l’évolution de cette pensée, elles dépassent l’usage prévu. Elles ont par exemple inventé les effets inconcevables de la vitesse qui modifient à tel point celui qui les éprouve qu’on peut à peine dire, qu’on ne peut qu’arbitrairement dire qu’il est le même qui vivait dans la lenteur. Ce qui s’empare alors de l’homme, devant cette pensée de sa pensée, qui lui échappe et qui grandit, que rien n’arrêtera plus, pas même sa volonté qu’il croyait créatrice, c’est bien la terreur panique, de laquelle il imaginait les pièges déjoués, présomptueux enfant qui se flattait de se promener sans elle dans le noir. Une fois de plus, à l’origine de cette terreur, vous trouverez l’antagonisme de l’homme qui se considère, et se considère étant, et de cette pensée qui devient. Caractère tragique de toute mythologie. Il y a un tragique moderne : c’est une espèce de grand volant qui tourne et qui n’est pas dirigé par la main.

    Le paysan de Paris — Louis Aragon, 1926