Photo : Boutique Dior de Covent Garden, Londres, octobre 2014
Étiquette : journal
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L’espoir
L’APPAREIL EST TENU HORIZONTALEMENT : maintenir l’appareil fermement. L’index de la main droite actionne le bouton de déclenchement. La première phalange du doigt appuie progressivement et produit un déclenchement sans secousse.
L’appareil en mode manuel, fermer les yeux et voir. Oublier la couleur, se concentrer sur les formes, observer la lumière. Laisser l’image venir à soi. L’œil dans le viseur, l’appareil n’existe plus, et seul compte le regard.
Allongé dans l’herbe fraîche, je n’existe plus, le temps s’est arrêté. L’index de la main droite actionne le bouton de déclenchement. La fleur devenue abstraite danse lentement sous la brise. La fleur est prisonnière du cadre ; en dehors du cadre, il n’y a plus rien.
La première phalange du doigt appuie progressivement et produit un déclenchement sans secousse. L’instant suspendu s’évanouit. L’œil se détache lentement du viseur. Reste l’espoir.
photo : Saint Mathieu de Tréviers, mars 2015.
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Ummagumma
Association d’idées et faux effet d’abyme, cette photo en appelle une autre, celle de la pochette du quatrième album de Pink Floyd, qui donne son titre à ce billet. Plongée verticale en eaux profondes ces temps-ci, exposition théorique aux techniques argentiques, dans l’attente du révélateur, avant le bain d’arrêt aux sels d’argent qui fixera le cadre du projet. Pour l’instant, l’image, en négatif, ondule, floue, sous la lumière rouge de ma lampe de travail.
Déclencher, armer, déclencher à nouveau : la partie du film voilée au chargement se trouve ainsi éliminée et le compteur indique exactement le nombre de vues restant à prendre, soit 36 ou 20, note-t-il ainsi consciencieusement. (Un peu plus loin, il ajoute : en période de repos, il est conseillé de garder l’appareil désarmé.)
photo : Près de Montpellier, mars 2015.





