il pleut | tout un été d’écriture

Tornado Alley : l’allée des tornades… la zone la plus active est la région des Grandes Plaines, entre les Rocheuses et les Appalaches. Le ciel, assombri par les nuages, pèse sur Topeka. L’entonnoir se forme à la base des cumulonimbus : un tourbillon, le cisaillement des vents dans la basse atmosphère. La nuit s’ouvre en plein jour ; un jour noir pour un monde sans espoir. Les cellules orageuses se déchaînent. Accélération du signal électrique vers les zones synaptiques : l’esprit s’ouvre à la rêverie en contemplant le ciel qui se déchire. Quand la vraie nuit rejoint enfin la part noire du jour, il faudrait s’abriter au sous-sol, mais le ciel trace une voie magique. Des choses volent qui ne devraient pas voler. L’univers se retourne. Densité absolue : pour un instant, l’âme est au diapason du monde.
Derrière la lune, dit-on, au-delà de la pluie, il y a une terre où les rêves se réalisent. Il faut attendre encore, il y a un chemin à trouver. Un pas, deux, sur la route, face aux vents violents, regarder le couvercle qui s’apprête à sauter et ce qui s’en échappera recouvrira les murs noirs d’un bleu gris beau comme un ciel d’automne sans aucun nuage. Un ciel d’automne en plein été.
Un ciel d’espoir.
I have a feeling we’re not in Kansas Anymore.


Tout un été d’écriture #8. Texte écrit dans le cadre de l’atelier d’écriture proposé par François Bon sur le tiers-livre : « construire une ville avec des mots. » Tous les auteurs et leurs contributions à retrouver ici.
(et toujours les vidéos de François Bon sur ses chaines youtube et Vimeo).