Auteur : Philippe Castelneau

  • (photo coming soon)

    Social network automatic poetry

    I’m Ready Now
    I saw it in the sky
    Yours are the brightest eyes
    I love all the details : it’s absolutely beautiful !
    (photo coming soon)

    Are you looking for a starter?
    it’s another beautiful weekend
    today is the day you will fall in love
    I hope to see you
    please stop by

    Are you looking for a smooth closing?
    Woke up at 5 AM this morning
    I drove through the neighborhood,
    and look what I found sitting on the front porch?
    Oh Lord, let me be the one who helps you


    poésie automatique à partir d’un réseau social

    Recette :
    1. balayer distraitement, sur le réseau social de votre choix, les pages de personnes inconnues
    2. prélever ça et là des mots ou des expressions toutes faites
    3. délayer grossièrement
    4. saupoudrer le tout sur une page vierge de votre traitement de texte
    5. c’est prêt !

  • une seule phrase

    deux jeunes gens, un garçon, une fille, attraction réciproque, et puis quoi ? deux jeunes gens font l’amour et c’est sans conséquence, un jeu — elle dit que c’est un jeu —, seulement, lui, tout à coup dit qu’il l’aime, il dit « d’un amour fou », il dit : « l’amour est un jeu, peut-être, très bien ; parfois, c’est un jeu avec la mort » ; deux jeunes gens font l’amour et sont conduits dans un endroit admirable et bizarre que l’esprit n’arrive pas à appréhender, un lieu qui n’est pas ce qu’il prétend être, le lieu de l’étrange, le lieu de la révolution permanente, un lieu qu’ils ne connaissaient pas, un lieu qui les dépasse, où un damné surgit des ténèbres avant de retomber dans un fracas de mort dans le vide de la nuit ; ça n’est pas l’amour, c’est le sexe, l’afflux d’androgènes, l’augmentation du rythme cardiaque, ça cogne tellement là-dedans qu’on pourrait croire que ça va exploser et c’est le cerveau qui finalement explose — affolement des centres réflexes, récepteurs en feu, l’ouïe, la vue, la peau sont à vif, l’hypothalamus synthétise des neurohormones, lulibérine, corticolibérine ; les neurotransmetteurs — dopamine, endorphine, adrénaline — sont libérés dans l’espace synaptique au moment de l’arrivée du « potentiel action », l’influx nerveux, l’augmentation rapide et la chute tout aussi soudaine du potentiel électrique des cellules qui conduit à l’orgasme — plaisir et douleur intenses mêlés ; « viens, on sort », il dit et c’est sans discussion possible, ils sortent, ils marchent sans que jamais il ne lâche sa main ; il l’entraine jusqu’à sa voiture, elle se laisse faire, elle a peur, mais elle le suit quand même, ils s’assoient dans l’habitacle de la Ford beige, ils restent comme ça longtemps, assis sans rien faire, de longues minutes, des heures peut-être, le moteur éteint, la voiture garée dans la ruelle sous l’éclairage blafard du lampadaire, elle regarde son profil et c’est comme si elle le voyait pour la première fois, et il dit : « ça n’est pas moi que tu vois, c’est le réel ; tu n’as pas à avoir peur, c’est comme ça, c’est tout », et aussitôt il démarre, il roule doucement, la nuit leur appartient et demain le monde aura fini (ils savent tous les deux que ça finira mal), la voiture glisse le long des larges avenues jusqu’à quitter la ville et ils roulent encore, la ville derrière eux n’est déjà plus qu’une ondulation de lumières, comme un feu dans le lointain qui attire les marginaux, les désaxés, les plus pauvres des pauvres pour un sabbat où dansent des sorcières, un mirage : une ville imaginaire ; le monde, un monde imaginaire, et seul le mystère qui va leur être révélé peut les sortir de leur torpeur, les ramener à la vie, l’esprit libre enfin, enfin libéré de leurs corps, enveloppes froissées, déchirées, qu’on retrouvera plus tard échoués sur la berge des rêves


    Ce texte a été écrit dans le cadre de l’atelier d’écriture proposé par François Bon sur le tiers-livre.

    Licence Creative Commons

  • Le temps s’est arrêté

    Le temps s’est arrêté
    Oh ! quoi, allez : quelques instants ?
    J’en ai profité pour descendre
    J’ai posé mes valises

    Depuis, je le regarde passer


  • l’inaccessible

    La terre tourne, tourne
    et les nuages dansent
    et moi je tangue dessous

    survient l’improviste
    un souffle
    rien qu’un souffle

    à peine l’esquisse d’une pensée
    et je suis libre