Auteur : Philippe Castelneau

  • été 2019 | pousser la langue

    Pousser la langue, c’est peut-être ça aussi : faire tomber les murs ; ouvrir sur les espaces sauvages qu’on feignait de ne pas voir en nous.


    L’atelier d’écriture en ligne de François Bon revient. 15 propositions étalées sur 3 mois. un travail sur la langue elle-même :

    Pousser la langue au vif, augmenter notre degré de liberté dans l’instrument qu’est la langue. Avec bien sûr des risques ; chaque proposition ne conviendra pas à tout le monde, mais justement — faire émerger plus singulièrement la voix et la singularité de chacun.e.
    Et espérer qu’à réitérer cette recherche, émergera pour chacun.e la possibilité d’un autre récit, aux confins qui sont ceux en permanence de notre contemporain littéraire, entre narratif, performatif, dramatique ou documentaire ?

    Présentation et mode d’emploi : c’est par là.
    Propositions et textes des participants, par ici.
    Mes textes sont là.

  • Casser la routine

    Comment, avec quelques accessoires à portée de mains, une bouteille d’eau, un miroir de poche ou des clés, on peut brouiller les pistes et rendre une photo originale et intrigante.
    Christopher Anderson travaille ici avec un des derniers iPhone (il s’agit d’une vidéo promotionnelle pour Apple), mais les conseils qu’il prodigue peuvent s’appliquer, quel que soit l’appareil que vous avez entre vos mains.

    Ce qui compte, ça n’est pas l’appareil, mais c’est votre perception, votre sensibilité : le regard que vous portez sur les choses.

  • MINIDISCS [HACKED] | RADIOHEAD


    Magnifique retournement de situation. Voici l’histoire : la semaine dernière, Thom Yorke, de Radiohead, se fait pirater les minidiscs contenant ses archives de l’album OK COMPUTER. Le pirate exige le versement de $150.000, sans quoi les enregistrements seront mis en ligne.
    Plutôt que de payer une rançon à un pirate informatique, le groupe a choisi de rendre l’intégralité des enregistrements disponible sur Bandcamp.
    18 heures de démos, que tout un chacun peut désormais écouter en streaming, ou acheter pour £18, pendant 18 jours. Et tous les revenus générés iront à Extinction Rebellion.
    Radiohead est décidément un groupe à part, un collectif qui compte vraiment dans ce monde quand même un peu en vrac.

    we’ve been hacked
    my archived mini discs from 1995-1998(?)
    it’s not v interesting
    there’s a lot of it

    if you want it, you can buy the whole lot here
    18 minidisks for £18
    the proceeds will go to Extinction Rebellion

    as it’s out there
    it may as well be out there
    until we all get bored
    and move on

    Thmx

  • Bernard Comment – Neptune Avenue

    Je devine au loin, à travers le voile de brume, la découpe de la skyline de Manhattan, celle de Downtown, sur la gauche, portée vers le ciel par la tour One, la plus haute de toutes, et à droite celle de Midtown et Uptown, plus importante mais moins élevée. J’adore regarder cet horizon, et réfléchir à la ville, à sa folie des grandeurs, à sa rage ascencionnelle, à toute cette condensation de gens, d’argent, de pouvoir. Bijou a raison, il y a trop de tout dans notre monde, on aurait pu faire avec beaucoup moins, depuis deux siècles. C’est l’électricité qui a donné l’énergie nouvelle de consommation éperdue, et d’un coup le monde s’écroule, plus de jus, plus de courant, le silence et l’obscurité. Je devine les arbres, çà et là, tous ces squares et parcs qui irriguent Brooklyn dans son étendue infinie, eux n’ont besoin de rien d’autre que l’alternance de la pluie et du soleil pour traverser les siècles. Ils nous survivront.


    Coney Island, l’été, dans un futur proche. Depuis plusieurs jours, l’électricité est coupée. Plus d’avions dans le ciel ni de voitures dans les rues. On ne sait pas pourquoi. Comme un air d’après la fin du monde. Le narrateur, handicapé, est coincé dans son appartement du 21e étage : les ascenseurs sont en panne. Il a fait fortune en Suisse, a tout quitté pour venir ici, à la recherche de lointains cousins. Bijou, une jeune femme qui habite le même immeuble et s’occupe de lui, voit dans les évènements une chance, un renouveau. Qui est-elle ? Leur rencontre est-elle aussi fortuite qu’il voudrait lui faire croire ?
    C’est un beau livre que ce Neptune avenue. Un récit onirique, une ode à la littérature, à l’amitié et aux amours indicibles, et, en creux, un hommage discret de l’auteur à son ami Lou Reed.

    Neptune avenue, de Bernard Comment est publié aux éditions Grasset. Vous pouvez le commander en ligne ici.



    Cet article a paru dans le Midi Libre daté du dimanche 9 juin 2019.