Auteur : Philippe Castelneau

  • Fuir et se retrouver

    les ombres on les croise au matin
    soi-même en route
    perdu pour mieux se retrouver

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  • Le café du dimanche matin – 31 août 2014

    Petite revue de presse du web du dimanche matin, un café chaud à portée de main.
    Tous les articles cités sont repris dans mon journal Flipboard.


    Peut-être avez-vous entendu parler de ce singe qui, profitant de l’inattention d’un photographe, s’est pris lui-même en photo avec son matériel. L’histoire eu un certain retentissement quand Wikipédia utilisa le selfie de l’animal, considérant qu’il était libre de droits, puisque pris par un singe. Le photographe fit procès, mais le juge donna raison à la fondation. « En rendant son verdict », nous dit Neil Jomunsi, « le gouvernement savait où il mettait les pieds. Car s’il avait donné au singe la pleine propriété — le copyright — de son selfie, alors l’engrenage (que personnellement j’ai osé à un moment espéré sans me faire d’illusion) se serait mis en marche, et une fois le doigt dedans, impossible de l’en retirer ». L’occasion pour l’auteur de nous livrer une jolie fable qui mérite vraiment qu’on si attarde.

    Jean-Noël Lafargue revient de son côté sur l’expérience menée par une chercheuse de l’université de Stavanger, en Norvège, « pour évaluer la manière dont un lecteur appréhende un texte lu sur support papier, comparativement à la manière dont est reçu le même texte lu sur liseuse Kindle ». Les journaux qui se sont fait l’écho de cette expérience ont surtout mis l’accent sur le fait qu’un lecteur mémorisait mieux une lecture papier qu’une lecture sur liseuse. En réalité, les résultats sont plus complexes : « si les études de ce type sont encore peu nombreuses, les résultats qui en émanent montrent une différence significative entre les différents types de lecture, et ces différences ne se bornent pas à opposer “papier” et “numérique”, on voit déjà que la tablette (rétroéclairée, réactive, avec une typographie bien “lissée” et dont on peut changer le corps à tout instant) et la liseuse (à encre électronique, dont l’interactivité est poussive) ne produisent pas la même lecture et, l’on peut extrapoler cette observation en supposant que chaque support numérique est distinct ».

    Il est certain, quoi qu’il en soit, que le numérique a d’ores et déjà radicalement modifié nos modes de vie et de consommation. « Si certains adolescents n’imaginent pas porter encore un jean acheté la saison dernière, un nombre grandissant d’entre eux considèrent qu’envoyer un texto à partir d’un smartphone ancienne génération est encore pire » écrivent Elisabeth Harris et Rachel Adams dans le New York Times. Ou comment les objets connectés sont devenus plus hypes que les fringues, et les problématiques que cela pose aux fripiers.

    Enfin, le virtuel peut-il sauver l’existence ? Interroge Jean-Paul Galibert. Oui, dit-il « car il est l’imaginaire réel (…) on peut créer sur internet. On peut y partager l’intime. On peut y avoir une présence éternelle. En un mot, on peut y exister ».


    • Neil Jomunsi (Page42.org) – Copyright singerie : comment le droit d’auteur libéra les animaux : http://goo.gl/OnzwxZ
    • Jean-noël Lafargue (Le dernier des blogs) – Des livres, des lecteurs, des lectures : http://goo.gl/NpnQLy
    • Elisabeth Harris et Rachel Adams (The New York Times) – Plugged-In Over Preppy: Teenagers Favor Tech Over Clothes : http://goo.gl/WFyDPR
    • Jean-Paul Galibert (Existence) – Le virtuel peut-il sauver l’existence ? : http://goo.gl/D0Sc0n

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  • Ératosthène, de Thierry Crouzet (éditions L’âge d’homme)

    On sait peu de chose d’Ératosthène, sinon qu’il est né à Cyrène en Libye (alors une colonie grecque), aux alentours de –276 av. J.-C., et mort à Alexandrie, en Égypte vers –194. On sait encore qu’il dirigea la célèbre bibliothèque d’Alexandrie, qu’il fut philosophe et astronome, mathématicien et géographe. On sait surtout qu’il fut le premier à tenter de mesurer la circonférence de la Terre, se trompant de moins de 2000 km.
    Si l’on sait peu de chose d’Ératosthène, c’est surtout parce son travail, et l’homme tout entier, marquait une rupture radicale avec ce qui le précédait : il réinventait le monde, ouvrait seul de nouvelles perspectives proprement révolutionnaires. Cela lui valut incompréhension et inimitiés, et dès lors qu’il disparut — et n’ayant pas voulu créer d’école, il partit sans laisser de véritables disciples —, il fut dénigré, d’abord, oublié ensuite.

    C’est son histoire que nous raconte Thierry Crouzet dans son nouveau roman, une vaste fable historique qui nous plonge dans une époque mythique à l’origine de notre civilisation, un roman ample et fort bien documenté. Surtout, au-delà de l’histoire d’Ératosthène, il nous propose dans la dernière partie une plongée en avant dans le temps jusqu’à aujourd’hui, qui permet de mieux comprendre comment l’héritage de cet homme absolument visionnaire a été petit à petit redécouvert, et combien son époque, si troublée, n’est somme toute pas si différente de la nôtre. À l’heure de l’Internet et des réseaux, un monde nouveau se met en place dont ne mesurerons pas encore toutes les ramifications, et il nous reste à souhaiter que notre Ératosthène, s’il se manifeste, ne se heurte pas comme son double lointain à l’incompréhension et au rejet de ses pairs, ce qui nous plongerait à nouveau dans 2000 ans d’obscurantisme.
    En attendant, la lecture du livre de Crouzet est un salutaire rappel, et un bel hommage à l’un des génies de l’humanité.

    Le livre, édité par les éditions L’âge d’homme, est disponible dans toutes les librairies. Signalons aussi que la version numérique propose en plus un journal d’écriture, une chronologie détaillée et une bibliographie. Enfin, sur son blog, l’auteur propose visuels, carte, timeline, etc. qui viennent enrichir un peu plus la lecture.

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  • La grammaire du chaos

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