Auteur : Philippe Castelneau

  • Cinq mots écrits par d’autres

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    Cinq mots écrits par d’autres. Cinq mots, pas les miens. Commencer par ça, peut-être.
    La proposition est en ligne. Cinq mots, et quoi après ?

    La proposition est lue. Lue une première fois, très vite, une seconde fois aussitôt après — une deuxième lecture qui s’arrête sur les mots, les pèse, évalue.
    Ensuite, c’est le temps long de l’incubation. L’écriture est un virus, disait William Burroughs, ou quelque chose comme ça. Il faudrait retrouver la citation exacte. Taper la requête dans le moteur de recherche, attendre que s’ouvre la page. Tâcher de se souvenir de faire ça, plus tard.

    Au bout de quelques jours, relire la proposition. S’asseoir devant l’ordinateur. Relire, tordre les mots, chercher un sens au-delà du sens. Se laisser porter par la proposition, y trouver une poésie qui n’appartient qu’à soi, se laisser bercer par elle. Ouvrir le logiciel de traitement de texte, laisser courir les doigts sur le clavier. L’écriture est un virus qui fait s’agiter convulsivement les doigts tandis que la pensée vagabonde, bercée par le bruit des touches qui fait comme une pluie fine dans le petit matin.

    La pensée est distraite par une douleur au bas du dos qui se réveille. Douleur légère, à peine perceptible, mais qui bientôt occupe tout l’espace mental. Douleur parasite. Écriture virus. Réaction du corps, bêtabloquants : l’écriture se fait avec le cœur. Effets secondaires des bêtabloquants : cauchemars, insomnie, fatigue (Wikipédia). Des mots en bleu sur la page de l’encyclopédie en ligne, liens hypertextes ; il faudrait ne pas se laisser distraire, revenir à son travail. Trop tard, le doigt glisse déjà sur la souris, la page demandée s’affiche aussitôt, que l’on recopie pour partie (texte copié-collé/lu-relu) : « Un cauchemar est une manifestation onirique, durant le sommeil paradoxal, pouvant causer une forte réponse émotionnelle négative de l’esprit, plus communément de la peur ou de l’horreur, mais également du désespoir, de l’anxiété et une grande tristesse. Ce type de rêve peut impliquer une ou plusieurs situations de danger, de mal-être et de terreur psychologique ou physique. Les individus se réveillent souvent dans un état de détresse et certains même ont du mal à retrouver le sommeil durant une période ».
    Matière à écrire. Idée séduisante, encore faudrait-il faire des cauchemars. L’écriture est un rêve. Au-delà du rêve : un état modifié de conscience.

    Les cloches de l’église sonnent sept heures. Fin de la séance d’hypnose. La lumière perce à travers les volets. Un chien aboie. Une voiture passe. Une autre encore. Se lever, déjeuner ; se doucher et s’habiller. Ouvrir la porte d’entrée, laisser entrer la lumière du jour, sortir dans la rue. Marcher jusqu’à la voiture, s’asseoir, mettre le contact et rouler, rouler, rouler…


    Ce texte a été écrit dans le cadre de l’atelier d’écriture proposé par François Bon, un été 2014.
    Photo : Cycle et recycle — Sète, mai 2014

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  • L’homme au panama

    L'homme au chapeau

    le vieil homme au panama
    regarde devant lui
    non le chemin parcouru

    Séville, juin 2014

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  • Le café du dimanche matin – 7 septembre 2014

    Petite revue de presse du web du dimanche matin, un café chaud à portée de main.

    Tous les articles cités sont repris dans mon journal Flipboard.


    Le droit à l’oubli sur internet, dont on a beaucoup parlé ces derniers temps, semble, sur le papier, une bonne idée. Dans une interview à 01.net, Remi Mathis, président de Wikimedia France, revient sur la question, et souligne les effets pervers de la législation récemment adoptée par la Cour Européenne de Justice : "Il faut se demander quel type de société on veut. Il est normal que les personnes publiques cherchent à faire effacer les casseroles qu’elles trainent. Mais est-ce une avancée démocratique ? »

    Autre sujet législatif, la Hadopi a publié cette semaine un rapport intermédiaire sur les travaux qu’elle a engagés depuis un an maintenant sur la « Rémunération Proportionnelle du Partage ». Calimaq sur son blog déplore les manques et les ambiguïtés du projet.

    Hubert Guillaud de son côté s’interroge sur la régulation a adopter vis-à-vis des applications de consommation participative, telle que Uber. « Les entreprises de la consommation collaborative veulent nous convaincre que les mécanismes internes qu’elles mettent en place seraient comme une place de marché idéale, autorégulée (…) En transformant tous les rapports sociaux en place de marché, l’économie collaborative pose des questions de fond sur le rôle de la puissance publique et les limites de ses possibilités d’intervention et de régulation. Elle pointe aussi le fait que la régulation classique ne sera pas suffisante pour répondre à la disruptophilie et imposer ses choix de société, comme l’égalité, la fraternité, l’équité voir la gratuité, qu’il va lui falloir également innover là même où les disrupteurs innovent. »

    On assiste ces derniers temps à un bashing en règle d’Amazon, qui s’appuie sur le conflit récent qui oppose le commerçant en ligne au groupe Hachette. Sur Slate.com, Neal Pollack nous donne le point de vue d’un auteur dont la carrière a grandement bénéficié du site de vente en ligne : « while everyone seems to hate Amazon, my personal experience with this supposedly evil corporate behemoth has been fantastic. »
    Si Pollack n’est pas dupe du système, il considère que pour un auteur comme lui, peu connu et sans autre prétention que d’écrire d’honnêtes romans de genres, les services d’éditions proposés par Amazon sont aujourd’hui sans équivalents.


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  • Plaza Refinadores

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    À Séville, en juin dernier, il fallait faire attention aux oranges qui risquaient de nous tomber sur la tête lorsqu’on passait sous les arbres. J’ai voulu en prendre une qui avait roulé jusque dans le caniveau, quand une dame a traversé.
    Grâce à elle, ma photo de la plaza Refinadores est un petit et modeste clin d’œil à celle, célèbre, de la place Vendôme de Willy Ronis.

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