Étiquette : Londres

  • Coach & Horses

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    Photo : Coach & Horse, Covent Garden, Londres, octobre 2014


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  • Covent Garden, octobre 2014

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    Photo : Boutique Dior de Covent Garden, Londres, octobre 2014


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  • Welcome to the barber shop

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    Ma tête ce matin, c’est Nicholson dans Shining. Je me penche vers l’évier, fais couler l’eau froide dans mes mains, l’eau glacée avec laquelle je frotte mes yeux pour me réveiller, sortir de la torpeur, le mal de crâne, l’ivresse des rêves, la nuit pas encore passée. Il faut relancer la machine, libérer les neurotransmetteurs dans l’espace synaptique, inverser transitoirement la membrane plasmique des neurones, libérer l’influx nerveux en lâchant dans les filaments du cerveau une séquence d’action potentielle, dépolarisation transitoire et locale de l’état de repos, repolarisation, hyperpolarisation des cellules non myélinisées, surmonter la première phase de la période réfractaire où toute stimulation est ignorée, les yeux dans le vide, l’eau froide sans effet ni sur les mains, ni sur le visage, attendre la deuxième phase, les nerfs qui deviennent hypoexcitables. L’information change de nature, le potentiel d’action dure entre 1 et 2 millisecondes. Relevant la tête, je croise mon regard dans la glace, je vois ma barbe de trois fois trois jours, les goûtes d’eau qui perlent dans les poils, les poils blancs par endroit alors que je n’ai pas un seul cheveu blanc. Les trains d’ondes de dépolarisation supportés par des courants électrochimiques sont convertis en codage par concentration de neurotransmetteurs dans la fente synaptique. Les voyants passent au vert. Il faudra encore le café pour que les idées se bousculent, un deuxième pour qu’elles viennent doucement jusqu’à mes doigts sur le clavier, qui les fixent sur la page blanche virtuelle comme des papillons épinglés sur le carton d’un lépidoptériste.
    Pour l’heure, dans le miroir le visage inconnu de la nuit, on sait qu’il faudra plus tard l’eau chaude pour dilater les pores et redonner tendresse aux poils, la mousse étalée machinalement sur le visage et plusieurs fois le passage du rasoir pour reprendre visage humain. Plus tard, peut-être demain. Un autre jour, le marqueur d’une année nouvelle. 2015, déjà. Demain, on rase gratis. Welcome to the barber shop.


    photo : Londres, novembre 2014.

    (Les notions relatives au fonctionnement des synapses, ici détournées de façon totalement arbitraire et non-scientifique, mais parfaitement assumée, sont empruntées à wikipedia).


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  • le long dialogue

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    Le voyage à Londres est fini. L’écriture est finie, vient le temps de la décantation. Des choses s’annoncent pour demain, des idées, de belles idées à deux fois quatre mains. Après, ce sera le retour au précédent projet, le retour dans l’arène du Grand Jeu.
    Le Grand Jeu, je le sens qui occupe déjà les espaces laissés vides. C’est l’heure de la dévalaison. Le temps dangereux des zones troubles. Lentement, je me laisse glisser dans les eaux profondes de la mémoire, à la recherche de mon continent noir. Ici, je ne croise que des fantômes, je ne parle qu’à des ombres. Dans la voiture lancée à tombeau ouvert, avalant les ténèbres, Townes Van Zandt est le compagnon de route des nuits épaisses. Commence le long dialogue avec mes morts ; on discute toujours mieux avec les morts.


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