Étiquette : comics

  • Moon Knight — From the dead


    Voilà une éternité que je n’ai pas écrit sur les comics. C’est que, tout en gardant une affection particulière pour le genre, je n’en lis plus beaucoup. Seulement, depuis quelques semaines, je suis pris d’une frénésie de rangement et de tri. Une envie de faire le vide, vraiment, pour ne garder que l’essentiel (enfin, l’essentiel, et un petit peu plus que ça, disons).
    Bref, des livres remontent à la surface, que j’avais plus ou moins oubliés. Ainsi de ce Moon Knight de 2014, écrit par Warren Ellis et illustré par Declan Shalvey. Calé dans un fauteuil, une tasse de thé brûlant à portée de main tandis que la pluie battait le carreau, je l’ai lu cet après-midi même.

    Shalvey n’est pas le genre de dessinateur à en mettre plein les mirettes, mais son style tout en finesse sert très bien le scénario élaboré par Ellis. Rien de renversant ici : Moon Knight est un personnage mineur de l’écurie Marvel, qui eut son quart d’heure de gloire dans les années 80. Une sorte de Batman mâtiné de Doctor Strange, si l’on veut. Pour ce « reboot », Ellis ne s’attarde pas trop à réécrire la genèse du bonhomme, et nous plonge directement dans le feu de l’action, avec six histoires très noires qui peuvent se lire indépendamment.
    Ça n’est pas Ellis à son meilleur, mais c’est sacrément intéressant à étudier tout de même. Le scénariste anglais fait montre d’une belle maîtrise de la narration et des dialogues (on m’opposera, non sans raison, qu’Ellis écrit toujours la même histoire, et toujours de la même façon), et surtout de belles idées de mises en page, qui, jamais gratuites, sont toujours au service de l’histoire. Les deuxième et quatrième récits sont, de ce point de vue, de vraies réussites.

    Ellis ne s’investit plus depuis longtemps dans les travaux de commande, et celui-là en est un, mais il ne floue jamais son lecteur pour autant. Avec son Moon Knight, il nous offre un moment de lecture agréable et intelligent, qui vaut moins pour le récit lui-même que pour sa construction.


    Mais au fait, ça parle de quoi, ce Moon Knight ? Pour les plus curieux, la présentation, tout en finesse, qu’en fait l’éditeur :

    Marc Spector is Moon Knight! Or is he? It’s hard to tell these days, especially when New York’s wildest vigilante protects the street with two-fisted justice and three – that’s right, count ’em – three different personalities! But even with the mystical force of Egyptian moongod Khonshu fueling his crusade, how does the night’s greatest detective save a city that’s as twisted as he is? The road to victory is going to hurt. A lot. Be here as Moon Knight punches ghosts(!), investigates a sleep experiment that’s driving its patients insane, travels to the mushroom graveyard planet(!!), and takes on twenty mob enforcers to save an abductee…alone. Marvel’s most mind-bending adventure begins now as Moon Knight sleuths his way to the rotten core of New York’s most bizarre mysteries!

  • Faire un geste pour Bill Mantlo

    Update ! Aujourd’hui (22 avril 2019), Michael, le frère de Bill, lance un nouvel appel. Si vous souhaitez le soutenir, c’est sur ce lien que vous devez cliquer.


    Bill Mantlo, ce nom ne dira sans doute rien à la grande majorité d’entre vous. À d’autres, qui ont grandi comme moi dans les années 80 en lisant les comics américains publiés en français dans Strange et quelques autres revues spécialisées, il rappellera d’innombrables récits mettant en scène Hulk, Spider-Man, Rom ou encore Cloak and Dagger.
    Cloak_and_Dagger_1_(1983)J’aimais particulièrement ces deux personnages apparus dans les pages de Peter Parker, the Spectacular Spider-Man en mars 1982, et qui leur temps eurent droit à leur petit quart d’heure de gloire.
    Bill était scénariste et a produit énormément de récits pour Marvel entre la fin des années 70 et le début des années 90. C’était un excellent raconteur d’histoires, et je me souviens combien, enfant, sa signature apposée sur un comics était pour moi un gage de plaisir de lecture.
    En 1992, Bill fut renversé par un automobiliste alors qu’il faisait du roller sans avoir mis de casque. Le chauffard a pris la fuite, et Bill a subi de profonds traumatismes qui l’ont laissé plus d’un an dans le coma. Aujourd’hui, il vit reclus dans un centre spécialisé, incapable de subvenir seul à ses besoins, mais heureusement entouré de sa famille.
    Mais les soins dont il a besoin coûtent cher, et son frère a mis en place une souscription pour lui venir en aide. Vous trouverez ici un article qui explique tout ça.

    Je me souviens avec beaucoup de nostalgie des scénarios de Bill Mantlo. Cet homme m’a apporté du rêve et de l’émerveillement. Aujourd’hui, en faisant pour lui un modeste don, j’essaie, dans la sombre nuit qu’il traverse, de lui apporter un peu de lumière.

    Alors oui, le nom de Bill Mantlo ne dira sans doute rien à la grande majorité d’entre vous. Aux d’autres, qui ont grandis comme moi dans les années 80 en lisant des comics, je vous invite à vous souvenir de ces heures de bonheur de lecture qu’il vous a offert, et d’envisager à votre tour de faire un don.

    Bill Mantlo guest star appearance Alpha Flight 66
    Image : Dans le n° 66 de la série Alpha Flight, Bill Mantlo s’était mis lui-même en scène.