
Carnet de notes & pensées aléatoires
flux RSS : https://philippe-castelneau.com/feed/
-
Embouchure
Rêvant encore
Pour ne pas troubler ton sommeil
Je me lève en silence
Nous étions la nuit dernière, Florian et moi, dans cette petite ville près d’une embouchure de la Tamise, à une bonne heure de train de Londres. Les rues étaient désertes. Le jour commençait de se lever. Un vent glacial nous fouettait le sang. Alan Moore nous accompagnait. Je n’étais plus très sûr de l’adresse exacte. À un moment, Alan a dû nous quitter, mais nous étions déjà presque arrivés. Il me désigna une fenêtre à l’étage, celle du bureau de Warren Ellis. Aucune lumière n’était allumée, et Warren n’avait pas l’habitude de se lever tôt. Il dormait encore, à moins qu’il ne soit pas encore rentré. Prenant congé d’Alan, nous décidâmes de nous rapprocher du centre et d’attendre le milieu de matinée à l’abri dans un pub.
Je regardais ma montre : 5 h 39. J’avais réglé mon alarme à 7 h. Londres et la Tamise n’étaient déjà plus que fumeroles piégées dans les brumes de mon sommeil. Je me levais sans bruit pour ne pas te réveiller.
(Illustration : image générée par I.A.)
-
Notes d’atelier #2
Notes prises à la main, au jour le jour. Reportées ici (partiellement) pour mémoire.
8 août :
Toutes les belles idées notées hier me paraissent fades aujourd’hui.
10 août :
Ce que j’ai écrit hier et avant-hier, j’aurai tout jeté ce matin, mais à la relecture, je crois que ça tient la route. Trop de fatigue accumulée pour être vraiment productif ces jours-ci, malheureusement. Maintenant que l’atelier d’écriture mené avec François Bon arrive à son terme, que j’ai désormais cet ensemble de textes à ma disposition, je dois trouver quel en est le cœur secret. Ce cœur mis à nu, il me restera à en fixer l’horizon. Comme l’a signalé François, « l’atelier permet d’explorer les bords, ça fait résonner les frontières, et ça nourrit tout le centre ».
11 août :
Faire ressurgir sur la page la langue intime, la parole trouble qui précède le langage.
12 août :
J’ai relu les textes écrits au cours de l’atelier. Des pistes nouvelles se dessinent pour la suite. Ce que je dois faire maintenant : un nouveau dossier dans Scrivener, dans lequel patiemment reporter tous les textes déjà écrits, en les ordonnant à la lumière des révélations survenues ces dernières semaines. Travail fastidieux, mais oh ! combien important.
La littérature n’est pas chose abstraite, elle s’adresse à l’homme tout entier. — Flaubert (notes de voyages)
13 août :
Haïku sous la Lune, en attendant le jour. Finalement assez satisfait de ce que j’ai écrit hier, après deux jours d’atermoiements. Je dois m’obliger à garder ce rythme — trois jours et un chapitre écrit.
L’atelier m’a permis de faire avancer de manière décisive mon livre vers une forme plus littéraire, plus complexe. Plus expérimentale, peut-être. Je dois tout de même veiller à ne pas me perdre, et resserrer l’intrigue autour de mes seuls personnages. Mais c’est le sous-texte qui portera l’ambition du livre !
Art is the highest form of hope — Gerhard Richter
14 août :
In most everyday writing you will find that using avant-garde techniques in otherwise non-avant-garde writing can be like adding a vital pinch of spice. It can enliven an entire work just by making some slight change to the way that you present it. It can make old ideas suddenly new again (…) It should certainly not be overlooked by any writer. — Alan Moore
À son meilleur, un écrivain est d’abord un magicien !
15 août :
Les grands thèmes de mon roman ne doivent pas être exposés de manière linéaire. Les pièces doivent se mettre en place au fil des pages, et c’est au lecteur de reconstituer la linéarité des évènements. Une technique narrative qui s’apparente au montage cinématographique et reflète la structure fragmentée et circulaire du roman.
Je n’ai pas écrit La route des Flandres d’un seul trait, mais selon l’expression de Flaubert, « par tableaux détachés », accumulant sans ordre des matériaux. — Claude Simon
Fragmenter le récit en blocs thématiques et les assembler selon une logiques interne (souvenirs/associations).
16 août :
Forget the books you want to write. Think only of the book you are writing. — Henry Miller
