Une idole préhumaine trouvée dans le désert (épisode 2)

Partant d’une idée notée par Lovecraft dans son Commonplace book et jamais développée par lui, je me suis plu à imaginer ce que la découverte d’une idole préhumaine pourrait avoir comme conséquences sur notre civilisation.
Un feuilleton en huit parties qui vous accompagnera jusqu’aux premières heures du nouvel an, à raison d’un épisode par jour.


Le 26 décembre, le monde semblait encore debout ; il vacillait pourtant. Certains voulaient voir dans l’idole préhumaine la preuve de l’existence de Dieu, d’autres, au contraire, la confirmation du mensonge de toutes religions connues. Il y eut des suicides collectifs, et l’ébauche de nouveaux cultes, qui se propagèrent en quelques heures grâce aux réseaux sociaux. Des hommes, déboussolés, pillèrent et violèrent ceux-là qu’ils traitaient avec révérence le jour d’avant. Les rumeurs les plus folles circulèrent, auxquelles les gens préférèrent croire plutôt qu’aux discours rassurants des dirigeants bientôt désarçonnés. Les polices et les armées consolidèrent les principales cités, transformées en places fortes. La loi martiale régnait à l’intérieur. À l’extérieur, le soir venu, le chaos était la règle. Dans les campagnes, des rituels macabres se multiplièrent. Les hommes étaient devenus fous. Il y eut une déclaration solennelle depuis le siège de l’ONU, tous les dirigeants graves, réunis en demi-cercle et se tenant la main, appelant au retour au calme. L’allocution était retransmise en direct à la télévision, et c’est en direct, partout dans le monde qu’on assista au meurtre collectif de presque tous les chefs d’État par les gardes armés sensés les protéger. Le pape, disait-on, était toujours en vie, mais il avait quitté le Vatican, et il ne fit plus aucune déclaration. On le disait prostré, perdu, incapable de prier.
Ironiquement, le seul lieu au monde qui semblait épargné était la Corée du Nord, protégé par son isolement politique. Les satellites espions accréditaient l’hypothèse que le pays, hormis son dirigeant et un cercle restreint de très proches conseillers, ignorait tout de ce qui agitait le reste de la planète. La télévision officielle continuait de déverser sur le peuple sa propagande bien rodée. Tout était resté comme avant, comme figé dans le temps.
Alors, de Chine, de Russie, et de plus loin encore, des populations entières se mirent en route pour rejoindre la République populaire démocratique de Corée. Depuis l’espace, les hommes prisonniers de la station orbitale internationale purent observer pratiquement à l’œil nu les déplacements massifs de population jusqu’à la limite de la zone démilitarisée, juste avant l’explosion des premières ogives nucléaires.

(la suite… demain !)

Sommaire :
épisode 1
épisode 2
épisode 3
épisode 4
épisode 5
épisode 6
épisode 7
coda


Le Commonplace book de Lovecraft, en version bilingue et intégrale, est publié chez Tiers Livre Éditeur.

Une idole préhumaine trouvée dans le désert (épisode 1)

Partant d’une idée notée par Lovecraft dans son Commonplace book et jamais développée par lui, je me suis plu à imaginer ce que la découverte d’une idole préhumaine pourrait avoir comme conséquences sur notre civilisation.
Un feuilleton en huit parties qui vous accompagnera jusqu’aux premières heures du nouvel an, à raison d’un épisode par jour.


« Pre-human idol found in desert »

La nouvelle, annoncée le 25 décembre peu avant l’aube, et reprise par les journaux du monde entier, avait occupé toutes les discussions et tous les débats, occultant les guerres et les fêtes de Noël. On savait que Neandertal avait légué par métissage à Sapiens environ 4 % de son ADN, le sens du religieux en même temps que la propension à la dépression, mais « préhumain » signifiait que cela remontait encore plus loin dans l’histoire, plus loin qu’Homo antecessor, notre lointain ancêtre anthropophage, entre 1,2 et 0,7 million d’années avant notre ère ; plus loin encore qu’Homo ergaster, l’homme artisan, 1,9 et 1,3 million d’années avant notre âge. On pense, sans certitude, qu’Australopithecus garhi, le prédécesseur de la lignée homo, il y a 2,6 millions d’années, utilisa des pierres taillées comme outil de découpe. Mais qu’il sculpte de ses mains une idole ? C’était tout simplement impossible.
28,6 cm de haut, taillée dans du tuf basaltique, la figurine a été découverte à la frontière israélo-syrienne il y a de cela plusieurs mois, mais l’importance de l’objet a semble-t-il justifié qu’on la garde secrète jusqu’à aujourd’hui. La représentation est figurative, mais elle n’est pas proprement animale et elle est assurément non humaine. La forme semble surgir du néant. Non seulement elle ne propose rien de connu, mais surtout rien que nous pouvons comprendre. Les plus grands scientifiques, les spécialistes du monde entier se sont penchés dessus, nous dit-on, sans réussir à en percer le mystère : ce que représente cette statuette reste inexplicable pour l’esprit humain. Certains ont émis l’hypothèse qu’elle figurait un gardien, posté à la porte entre les mondes.
Une réunion secrète s’est tenue au siège de l’ONU pour savoir quoi faire de la découverte, et il a été décidé que, dans le contexte géopolitique actuel, il était plus sage de ne rien révéler. Un tweet malheureux du président américain, qui s’est aussitôt, mais en vain, rétracté, a pourtant fait fuiter l’information, et il a été jugé nécessaire par le conseil de sécurité des Nations Unies de jouer désormais cartes sur table.


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épisode 1
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épisode 4
épisode 5
épisode 6
épisode 7
coda


Le Commonplace book de Lovecraft, en version bilingue et intégrale, est publié chez Tiers Livre Éditeur.

Demain… La fin du monde, en feuilleton !

Demain, c’est Noël, et pour Noël, je vous offre un cadeau : un feuilleton en huit parties qui vous accompagnera jusqu’en 2018, à raison d’un épisode par jour.
Plutôt qu’un conte de Noël à la Dickens, il s’agit une histoire fantastico apocalyptique. Une histoire de fin du monde, où tout est vrai.
En l’écrivant, je pensais exagérer un peu les détails, aujourd’hui j’espère simplement que nos world leaders me laisseront le temps de publier le feuilleton jusqu’au bout ! (j’ai pris les devants, tout est automatisé, les huit épisodes seront en ligne, quoi qu’il arrive…. Souhaitons que vous puissiez les lire !)

Le pitch, emprunté à Lovecraft et tiré de l’indispensable Commonplace Book, est le suivant : une idole préhumaine trouvée dans le désert.
Je me suis plu à imaginer ce que cette découverte pourrait avoir comme conséquences sur notre civilisation, et j’espère que vous prendrez autant de plaisir à le lire que j’en ai eu à l’écrire.

Rendez-vous demain ici même !


Image : auteur inconnu / Source web
Le Commonplace book de Lovecraft, en version bilingue et intégrale, est publié chez Tiers Livre Éditeur.