le désir d’une ville

 

On a parfois le désir d’une ville. D’autre fois, cette ville paraît désespérée au point de nous en éloigner. Quand on traverse le désert en voiture, il y a toujours dans le lointain, posée sur l’horizon, un point précis, lieu fantasmé, qu’on devine sans jamais le rejoindre. Je roule depuis des heures. Ma tête est lourde : ici, les ciels d’été sont un enfer. Il me semble soudain me souvenir d’une femme que j’avais oubliée, du vent dans ses cheveux. Peut-être que je l’invente. Là, dans cette ville au loin, me dis-je, je pourrais m’arrêter. Là-bas, cette femme que j’invente peut-être, peut-être qu’elle m’attend. Lorsque je quitte enfin la route, le soir a fini par tomber. Dehors, des gens dansent dans les lumières scintillantes de la nuit. Ils dansent jusqu’au réveil des morts. Je les regarde faire, et je laisse faire le temps.


Le bref texte ci-dessus est extrait du roman en cours d’écriture.
Les photographies ont été prises, le 10 août 2018 pour la première, quelque part entre Kingman et Flagstaff, dans l’Arizona, et à New York, quelques jours plus tard, le 18 août 2018 pour la seconde.

Coney Island Baby


 

Aww, but remember that the city is a funny place
Something like a circus or a sewer
And just remember different people have peculiar tastes
And the glory of love
The glory of love
The glory of love might see you through

— Lou Reed, « Coney Island Baby »


Photo : Coney Island, New York, août 2018.

Paris au mois d’août


Paris, août 2016

The cornershop

The Cornershop bar, Londres, janvier 2018
Boxpark Shoreditch, Londres, janvier 2018

 

L’Angleterre, c’est ma première histoire d’amour, et c’est mon premier baiser.
Je rencontrais Alison à dix ans, au cours de l’été 1978, dans un camping de Loire Atlantique, et tombais foudroyé, amoureux au premier regard. Alison ne parlait pas français, je bafouillais tout au plus quelques mots d’anglais. Nous communiquions malgré tout, traçant nos noms dans le sable, marchant timidement l’un près de l’autre sur le bord de la plage, main dans la main, deux enfants complices jouant un jeu encore innocent devenu incompréhensible aux adultes. Je partais huit jours plus tard sans avoir pu lui dire adieu. Ce fut un long chagrin d’amour, un bleu à l’âme dont je porte encore l’ecchymose, une blessure profonde devenue douce et qu’on appelle mélancolie ; c’est un *blues* qui ne me quittera plus.
Deborah, je la rencontrais 6 ans plus tard. Nous étions une vingtaine d’adolescents, filles et garçons, en stage d’intégration en vue d’un séjour long à l’étranger. Deborah avait deux ans de plus que moi, et s’apprêtait à rentrer chez elle en Angleterre après trois mois passés en France. Elle avait des rudiments de français, mais s’amusait de mon anglais de pacotille, et je m’escrimais une nuit durant à la faire rire, assis sur les marches de l’escalier conduisant à nos chambres, tâchant de repousser le plus longtemps possible le moment de nous séparer, tenant timidement sa main dans la mienne sans oser encore aller plus loin. Elle riait de mes maladresses et j’aimais son sourire. Enfin, elle se blottit contre moi, et sans plus rien dire, serrés l’un contre l’autre, nous regardâmes le jour se lever. Elle fumait et notre premier baiser échangé à l’aube avait le goût de cendre des matins gris d’automne.

(extrait du livre L’appel de Londres, éditions publie.net)


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Paris, Galerie Saint-Marc, février 2018


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Paris qui s’allume

Voir la nuit qui s’étoile et Paris qui s’allume.
— François Coppée


Paris 13e, mars 2018

Solitudes


Paris, février 2018

le même lieu, à quelques minutes d’intervalles.